La guerre avait pour but de transformer l’Irak en tremplin, une base qui aurait permis aux troupes américaines d’agir, éventuellement contre l’Iran, mais elle a procuré à l’Iran un nouvel allié au cœur même de l’Irak, à Bagdad.
Les ADM
L’administration Bush était déterminée à aller en guerre, sous le prétexte d’éliminer les armes de destruction massive (ADM). Le secrétaire adjoint à la Défense à l’époque, Paul Wolfowitz, a expliqué que c’était la seule raison acceptable par toutes les parties prenantes de l’administration américaine. L’argument des ADM a également pesé sur le public et le Congrès américain. En effet, à l’automne de 2002, la menace semblait crédible. Bien que ne croyant pas que Saddam ait eu à dissimuler ou poursuivre un programme nucléaire, j’ai moi aussi cru dans la possibilité d’une existence d’armes biologiques et chimiques, vestiges de la guerre entre l’Irak et l’Iran.
Cependant, les soupçons sont une chose et la réalité en est une autre. Les inspecteurs de l’ONU ont été invités à rechercher, signaler et détruire les armes réelles.
Comme nous n’avons pas trouvé d’armes et pas de preuves à l’appui des soupçons, nous en avons parlé. Mais secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a rejeté nos rapports avec une formule byzantine: «L’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence ».
Les gouvernements Américains et Britanniques se sont foutus du monde entier, en se basant sur de fausses preuves d’existence d’armes « portés disparues », pour attaquer l’Irak. Ces prétendues armes n’existaient pas ! Nous avons inspecté plusieurs centaines de sites sur tout le territoire Irakien. Dans de rares cas, nous avons trouvé des armes classiques, mais pas d’armes de destruction massive.