Il était le saxophoniste baryton de prédilection de Dizzy Gillespie, Thad Jones, Donald Byrd, Phil Woods, Jimmy Heath, Thelonious Monk, Duke Pearson, Charles Mingus et Elvin Jones.

À sa mort, Adams avait enregistré vingt albums en tant que leader et quelque 600 concerts en tant que musicien d’accompagnement.

Le marginal

Malgré son concept harmonique et mélodique extrêmement avancé, sa participation à de nombreux enregistrements fondateurs du jazz contemporain et sa place parmi les grands virtuoses, Peeper Adams ne bénéficie toujours pas du statut de figure majeure qu’il mérite amplement. Ce manque de « reconnaissance » s’explique par trois facteurs.

Pepper Adams a, à plusieurs reprises, confié que la sonorité du baryton était similaire à celle de sa voix. Il pensait que cela expliquait en partie son affinité pour cet instrument. Mais son adoption du saxophone baryton en dit bien plus sur sa personnalité. Entre autres choses, il accordait une grande importance à l’originalité. Devenir saxophoniste baryton à la fin des années 1940 lui offrit l’opportunité de créer un style tout à fait unique sur un instrument peu courant. Il pouvait ainsi se démarquer nettement des autres musiciens.

Paradoxalement, malgré l’enrichissement du genre et la consécration qu’il en tira, sa fidélité à son instrument lui porta également préjudice. Les préjugés du public envers les instruments de basses fréquences et son statut de musicien d’accompagnement l’empêchèrent de diriger un groupe ou d’enregistrer davantage d’albums en tant que leader, notamment ceux bénéficiant d’une large diffusion. Le pianiste Roland Hanna posa une question essentielle, à cet égard : « Qui sait ce que Pepper aurait pu accomplir s’il avait choisi le saxophone ténor ?»