Selon Gary Carner, Peeper Adams « réussit à élever le saxophone baryton au niveau de tous les autres instruments solistes, grâce à sa capacité d’exécution fulgurante, son timbre pénétrant, sa sonorité distinctive, son ingéniosité harmonique, son articulation précise, son sens du rythme impeccable et son utilisation de la paraphrase mélodique ».

Une grande partie du charme d’Adams résidait dans sa remarquable capacité à jouer des notes graves avec une puissance et un swing exceptionnel, ce qui en faisait un atout majeur pour les sections de cuivres des big bands. Il était également une voix dominante dans les petits ensembles, y insufflant une énergie et une endurance féroces.

Outre sa maîtrise du hard bop, Peeper Adams excellait également dans les ballades et les morceaux nonchalants. On peut citer sa contribution à un album publié en 1958 sous le nom du trompettiste Chet Baker, notamment son solo sur le titre doux-amer « Alone Together », que le critique Dave Nathan a qualifié de « l’un des points forts de l’album ».

En tant que soliste, Peeper Adams a influencé de nombreux saxophonistes baryton de renom, dont Scott Robinson et Gary Smulyan, titulaire de la chaire de baryton au Vanguard Jazz Orchestra.

Le compositeur

Les compositions de Pepper Adams sont aussi uniques que son approche du saxophone baryton. Il écrivait comme il soufflait.

La marque de fabrique de ses compositions, en particulier les plus tardives, réside dans des changements d’accords inattendus, à l’opposé des progressions typiques du répertoire des standards. De plus, il aimait intégrer des onzièmes et des treizièmes dans ses lignes mélodiques et noter des accords simples.