Park Frederick « Pepper » Adams III (8 octobre 1930 – 10 septembre 1986) est universellement reconnu par les connaisseurs et ses pairs comme l’un des saxophonistes baryton les plus influents de son époque, voire de toute l’histoire de la musique vivante contemporaine.
Cependant, son œuvre de soliste, à fortiori de compositeur, reste largement méconnue et impopulaire. A priori, il est surprenant que l’un des plus grands saxophonistes baryton de l’ère contemporain soit encore marginalisé aussi bien dans les manuels scolaires et que dans les ouvrages d’histoire de la Musique évolutive.

Son biographe, Gary Carner, a mis en lumière les contradictions qui ont contribué à « plomber » sa popularité : « Adams, disait-on, était un musicien blanc qui marchait et parlait comme un Musicien Noir, un héros, un génie, un modèle d’élégance, un intellectuel, un styliste virtuose, mais aussi quelqu’un de très difficile à cerner (…). »
Le soliste
Pepper Adams avait une agilité sans précédent au baryton, une façon de « jouer comme un alto ». Il était à bien des égards l’antithèse de ses contemporains, les barytonistes Gerry Mulligan et Serge Chaloff, qui, eux, prévisibles et obnubilés de joliesses, ont pondu une musique cool et mélodique. À l’inverse, Peeper Adams, lui, parvint à propulser le baryton, instrument réputé lourd, dans les tempos effrénés du hard bop.
Tout comme Jimmy Blanton à la contrebasse et JJ Johnson à la trombone, Peeper Adams a élevé le saxophone baryton au rang d’instrument soliste à part entière. Avant lui, le saxophone baryton était un instrument encombrant et marginal, rarement utilisé en dehors des grands orchestres. Aujourd’hui, grâce à ses innovations, le baryton accompagné d’une section rythmique est devenu courant et n’est plus considéré comme une curiosité.