Alors que la population ne sait où mettre la tête, le gouverneur de Beyrouth Marwan Abboud a annoncé que le coût réel de l’explosion pourrait atteindre 8 milliards d’euros.

L’explosion semble avoir été causée par un incendie qui a enflammé 2750 tonnes de nitrate d’ammonium non sécurisé dans un entrepôt. L’explosion aurait été ressentie depuis Chypre, à quelque 250 kilomètres au nord-ouest du Liban.

L’explosion aurait déclenchée par un incendie provoqué par un soudeur dans le port, qui à son tour a mis le feu à un entrepôt stockant des produits chimiques qui avaient été saisis sur un navire il y a six ans.

Crise profonde

L’explosion survient dans un contexte de tension politique au Liban, avec des manifestations de rue contre le gouvernement qui gère la pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990.

À la fin de l’année 2019, les enquêteurs ont révélé ce qui était effectivement un « système pyramidal de corruption » parrainé par l’État, géré par la banque centrale, qui empruntait aux banques commerciales à des taux d’intérêt supérieurs à ceux du marché pour rembourser ses dettes et maintenir le taux de change fixe de la livre libanaise avec le dollar américain.

En janvier 2020, des manifestations de masse contre les allégations de corruption et une économie défaillante ont conduit à la chute du gouvernement du Premier ministre Saad Hariri.

Son prédécesseur, Hassan Diab, avait réduit le budget du pays de 700 millions de dollars et a mis en place un plan de sauvetage financier un mois plus tard.