L’atout maître d’un continent, quel qu’il soit, ce sont les individus qui y vivent. Avec plus de 1,2 milliard d’habitants, dont 43 % ont moins de 15 ans, l’Afrique est bien dotée en ressources humaines.

Pour affronter la concurrence dans une économie mondiale en pleine transformation numérique et faire véritablement reculer la pauvreté, l’Afrique doit impérativement donner à sa jeunesse et aux travailleurs de demain les moyens d’exploiter pleinement leur capital humain. C’est la clé pour permettre aux Africains d’accéder à un monde riche en opportunités et permettre aux États d’obtenir le meilleur des « retours sur investissement ».

Les indicateurs du capital humain en Afrique ont incontestablement de quoi inquiéter. Mais certains pays sont parvenus à redresser la situation, ce qui prouve qu’il est possible d’effectuer des changements porteurs de transformations qui bénéficieront aux générations à venir.

Par son soutien financier et ses précieuses analyses, la Banque mondiale est à la pointe des efforts pour accompagner la région dans son entreprise de renforcement du capital humain. Et c’est pourquoi la Banque Mondiale a lancé un plan dans le but de soutenir les efforts déployés par les pays pour favoriser un développement porté par l’humain et ancré dans le potentiel de tous, en particulier des femmes et des jeunes.

Ce plan devrait permettre de concentrer les ressources et l’énergie disponible autour de cet impératif : aider les gouvernements à créer les conditions propices pour que les enfants arrivent à l’école le ventre plein et dans de bonnes dispositions pour apprendre, pour que les étudiants bénéficient d’un véritable apprentissage en classe et pour que les travailleurs aient tous les outils en main pour participer de manière productive au marché du travail.

La Banque Mondiale veut aider les pays africains à éliminer la malnutrition et les retards de croissance, à développer l’accès à une éducation de qualité et à rattraper leur retard sur le front de la santé maternelle et infantile. Pour cela, il faut aussi à accroître les financements en faveur du capital humain en Afrique grâce à une utilisation plus stratégique des moyens financiers disponibles, tout en intensifiant notre soutien aux populations vivant dans des environnements fragiles ou en situation de conflit.

L’institution bancaire entend œuvrer par ailleurs à l’émancipation des femmes et des filles, pour préserver et renforcer leur capital humain et, ce faisant, accélérer la réalisation d’un dividende démographique dans leurs pays. Enfin, tout le potentiel des technologies de l’innovation doit être exploitée pour accélérer les progrès et faciliter la fourniture de services essentiels, surtout dans les zones rurales difficiles d’accès.

L’amélioration du capital humain est l’affaire de tous. Elle exige une mobilisation intersectorielle d’envergure entre acteurs de la gouvernance, de l’agriculture, de l’eau, des transports, de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, afin d’appliquer un filtre davantage centré sur l’humain à toutes les initiatives engagées. Il s’agit là d’une entreprise de longue haleine mais dont les bénéfices seront innombrables.

Tous les efforts, d’où qu’ils viennent, doivent être rassemblés pour faire du capital humain la dynamique de la renaissance économique de l’Afrique, le catalyseur qui permettra aux Africains de passer de la pauvreté à la prospérité.

La Banque mondiale s’est engagée à œuvrer sans relâche pour mettre en valeur le bien le plus précieux de l’Afrique : sa population.

Notis©2019

Par Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Afrique