Tous les pays ont besoin d’électricité, non seulement pour l’éclairage de la population, mais aussi pour la croissance économique et la création d’emplois.

Malheureusement, le Liberia, un pays d’Afrique occidentale comptant 4 millions d’habitants, n’a installé que 126 mégawatts d’électricité depuis son indépendance. C’est moins pour l’ensemble du pays que la capacité moyenne de l’une des 8 000 centrales électriques des États-Unis. Et comme si cela ne suffisait pas, les Libériens paient plus de trois fois le tarif moyen de l’électricité par rapport à celui des Américains. Ce manque d’énergie abordable condamne le pays à la pauvreté et au chômage.

Le peuple du Libéria n’est pas le seul pays en Afrique à pâtir de cette pénurie abyssale d’électricité. L’industrie de l’aluminium au Ghana, qui était le pivot de la stratégie industrielle du pays depuis les années 1960, fonctionne à peine avec une fraction de sa capacité depuis plus d’une décennie en raison de la pénurie d’électricité. La production en perte sèche de l’usine (qui transforme l’alumine en aluminium) a détruit des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur manufacturier. Chaque entreprise importante au Nigeria, le plus grand marché d’Afrique, est obligée de compter sur des générateurs diesel polluant et coûteux.

En fait, les problèmes d’énergie systémiques sont chroniques dans toute l’Afrique: presque toutes les économies du continent sont contraintes par des pénuries d’énergie et des coûts élevés.

Cette situation choquante exige que nous nous posions la question suivante: que faut-il pour que les Africains puissent profiter de l’énergie de la même manière que les autres dans le monde? Et, plus important encore, que faire pour lutter contre la pauvreté – ou pour une transformation efficiente économique?

Jusqu’ici, nous avons pensé beaucoup trop petit. L’avenir énergétique de l’Afrique a été largement et pendant trop longtemps limité à son accessibilité. Les personnes qui consomment du bois ou du kérosène pour l’éclairage et le chauffage méritent toutes d’avoir de l’électricité à la maison, qu’elle soit fournie par le réseau national ou par de nouveaux systèmes domestiques hors du réseau officiel. Mais le pouvoir d’éclairage et l’accès aux appareils de base ne suffisent pas ou plus. Le Ghana, l’Égypte, le Sénégal et d’autres pays ont déjà des taux d’accès élevés, mais souffrent toujours d’un pouvoir inadéquat qui engendre la pauvreté et un taux de chômage élevé.

C’est pourquoi tous les pays ont besoin d’énergie pour se développer. En plus de l’accès, la disponibilité est nécessaire.

Si les économies africaines doivent créer des emplois pour les 12 millions de jeunes qui entrent sur le marché du travail chaque année, ils auront besoin d’énergie pour l’industrie et le commerce, pas seulement pour les ménages. La majeure partie de l’électricité mondiale est utilisée non pas dans les maisons, mais dans les fermes, les usines, les mines et les immeubles de bureaux.

Les données de la Banque mondiale montrent clairement que l’électricité est l’un des principaux obstacles à la productivité des entreprises et à la création d’emplois. Les systèmes énergétiques déployés aujourd’hui en Afrique doivent être suffisamment importants pour soutenir la croissance économique et la compétitivité, et pas seulement pour atténuer les pires effets de l’extrême pauvreté.

L' »abordabilité » est un autre grand problème qui mine le continent. Il est simplement injuste que ce soient les populations les plus pauvres du monde qui paient le plus pour l’électricité. Nous devons trouver des moyens de mettre l’énergie à la disposition des consommateurs à faible revenu tout en veillant à ce que les marchés encouragent les investissements à long terme dans le secteur de l’énergie. Le coût est crucial pour la compétitivité des entreprises, en particulier dans les industries à forte intensité énergétique, telles que l’acier ou le béton, ou celles qui dépendent d’un approvisionnement ininterrompu, telles que la banque, le stockage frigorifique et l’informatique.

Un dernier point critique est la durabilité. La politique énergétique doit inclure des choix intelligents répondant aux objectifs environnementaux, sociaux et économiques d’un pays. Dans les régions à croissance rapide, la durabilité implique la mise en place de systèmes répondant à la demande croissante en énergie et aux objectifs de développement des pays.

L’Afrique regorge de sources d’énergie renouvelables, notamment la géothermie, l’énergie solaire et éolienne. Il dispose également d’un gaz naturel abondant, alors que seule une fraction du potentiel hydroélectrique colossal du continent a déjà été exploitée.