La fête du travail a été une fois de plus placée sous le signe de la dégradation de l’emploi en Europe. La veille, en effet, l’office statistique, Eurostat, avait révélé que le taux de chômage, en mars, avait inscrit un nouveau record de 12,1 % en mars dans la zone euro. Soit un vingt troisième mois d’affilée de hausse. Au total, 19,2 millions de personnes étaient sans emploi à la fin du mois. Les chiffres pour l’union européenne sont à peine plus rassurants. Le taux de chômage s’y est établi à 10,9 % pour 26,5 millions de chômeurs.

Le sud en pôle position

Par pays, sans surprise, les pays européens du sud de l’Europe payent un lourd tribut à ce fardeau avec la Grèce dont le taux de chômage a atteint 27,2 %, l’Espagne (26,7 %) ou encore le Portugal (17,5 %). La situation en Italie (11,5 %) ou en France (11 %), sans être aussi catastrophique, n’en est pas moins inquiétante. Avec un niveau de 5,4 %, le marché de l’emploi allemand, lui, continue de résister. Résultat, selon une étude publiée mardi par le ministre fédéral du travail allemand, les employeurs en Allemagne ont embauché au cours de l’année écoulée plus de ressortissants originaires des pays du sud de l’Europe touchés par la récession qu’auparavant. Le dynamisme germanique agit comme un aimant. Plus de 34.000 ressortissants espagnols, grecs, italiens et portugais ont trouvé un emploi en Allemagne en un an, selon les chiffres comptabilisés jusqu’en février. Au total, 466.000 personnes employées en Allemagne viennent de ces quatre pays, un chiffre en hausse de 8%.

Haros sur l’austérité

Devant ce désastre social, de Madrid à Athènes, des manifestations étaient organisées contre les politiques d’austérité et prônant des mesures en faveur de l’emploi, à l’occasion de la fête du Travail. Le pape François a même appelé pour cette occasion les dirigeants politiques à faire tout ce qu’ils peuvent pour créer des emplois, estimant que le chômage était le résultat d’une pensée économique « en dehors des règles de la justice sociale ». « J’appelle les hommes politiques à faire tout ce qu’ils peuvent pour relancer le marché du travail », a déclaré le pape devant des milliers de fidèles assistant à son audience hebdomadaire de la place Saint-Pierre. La veille, la chancelière allemande, à l’issue de son entretien avec le nouveau Premier ministre italien, Enrico Letta, a pourtant réaffirmé son antienne : « consolidation budgétaire et croissance sont deux éléments qui ne sont pas opposés mais qui doivent être développés de concert ».

Chômage durable.

Rien, dans les plans adoptés par les pays bénéficiant d’un programme d’aide pour se conformer aux exigences de leurs créanciers, ne semble de nature à inverser la tendance. Le Parlement grec a ainsi adopté dimanche denier une loi mettant en œuvre de nouvelles mesures imposées par la troïka (Commission européenne-Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) qui prévoit le renvoi d’ici fin 2014 de 15.000 fonctionnaires. A Chypre, le Parlement a approuvé mardi le plan de sauvetage européen prévoyant notamment une baisse des effectifs de la fonction publique. A Lisbonne, le même jour, le gouvernement a adopté une stratégie budgétaire à moyen terme comprenant des mesures d’austérité destinées notamment à réduire les dépenses de l’État d’environ 4 milliards d’euros au cours des deux prochaines années. Bref, la hausse du chômage devrait se poursuivre dans les prochains mois.

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