L’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) envisage d’introduire une nouvelle limite dans un débat qui fait rage sur la manière dont les femmes transgenres devraient participer aux compétions féminines internationales.

Mais, cette nouvelle règlementation proposée par l’IAAF est pour l’instant repoussé aux calendes grecques à la suite de la contestation judiciaire initiée Mme Semenya Caster, qui avait déjà été interdite de compétition.

Inter-Sex

Plusieurs examens ont montré que l’athlète Sud-Africaine a un taux de testostérone supérieur au seuil féminin – alors que la limite de l’IAAF était de 10 nmol / L. Mme Semenya  a également été soumise à un test de vérification de sexe.

Les résultats suggèrent qu’elle est intersexuée, ce qui signifie qu’elle est biologiquement des deux sexes. Autrement dit, elle  est une femme mais elle n’a ni utérus ni ovaire, mais des testicules internes à la place.

La question de la testostérone concerne également les athlètes transgenres, qui craignent que des hommes biologiques ne participent à la compétition en tant que femmes sans avoir à subir une opération de changement de sexe.

À l’heure actuelle, il est possible pour les athlètes transgenre de subir un traitement hormonal afin de réduire leur taux de testostérone, tout en ayant des organes sexuels masculins.

Les sportives les plus en vue, notamment Dame Kelly Holmes, Paula Radcliffe, la nageuse Sharron Davies et la joueuse de tennis Martina Navratilova, ont toutes déclaré que le sport féminin pourrait être compromis si les « ex-hommes » étaient autorisés à concourir.

Imprécision

Une règle visant à limiter les niveaux de testostérone chez les athlètes féminines constituerait un moyen « non scientifique » d’essayer de niveler le terrain, ont averti les experts dans une étude récente. Dans un article paru dans le « British Medical Journal », deux experts soutiennent que le contrôle du niveau de la testostérone n’est peut-être pas assez précis.

Sheree Bekker, de l’Université de Bath, et Cara Tannenbaum, de l’Université de Montréal, ont déclaré que les taux de testostérone varient naturellement.

Parmi les athlètes d’élite d’athlétisme, ont-ils déclaré, on sait qu’il existe un croisement entre les hommes ayant des niveaux faibles et les femmes ayant des niveaux élevés.

Selon les nouvelles règles de l’IAAF, les femmes ne seront pas autorisées à participer aux courses à pied si elles ont plus de 5 nmol / L de testostérone dans le sang.

Triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), Caster Semenya assure être « incontestablement une femme » et dénonce des manigances destinées, selon elle, à la « ralentir ».

La Sud-Africaine n’est pas la seule athlète qui pourrait être affectée par ces nouvelles règles, suspendues en attendant la décision du TAS: les médaillées de bronze et d’argent sur 800 m aux JO de Rio en 2016, Francine Niyonsaba (Burundi) et Margaret Wambui (Kenya), ont également été confrontées à des questions sur leur taux de testostérone.

Notis©2019

Par Mary Mazur