L’architecte japonais, Arata Isozaki, a reçu le prix Pritzker, considéré comme le plus grand honneur du monde de l’architecture, une sorte de prix «Nobel » d’architecture,  récompensant  « les travaux de toute une vie ».

L’architecte, né le 23 juillet 1931, a construit plus de 100 œuvres allant du Palau Saint Jordi, construit à Barcelone pour les Jeux olympiques d’été de 1992, au Musée d’art contemporain de Los Angeles, sa première commande internationale.

Villes dévastées

Sa ville natale, Otai, au sud du Japon, est la vitrine de ses premiers travaux à la fois traditionnels et avant-gardistes, notamment un centre médical et une bibliothèque préfectorale.

Intérieur du hall de la tour Allianz à Milan, en Italie, une signature d’Arata Isozaki

« Isozaki est l’un des pionniers d’une architecture à la fois globale et locale « , a déclaré le président du jury, l’américain Stephen Breyer, lors de l’annonce du résultat de l’édition 2019.

« Cela fait de nombreuses années qu’il travaille dans les régions du monde qui ont de longues traditions architecturales mais ne se limitent pas à cela. C’est un homme attaché à la tradition mais qui reste ouvert au monde entier ».

Monsieur Isozaki est le 46ème lauréat du prix Pritzker et le huitième architecte japonais à recevoir cet honneur matérialisé par une médaille de bronze et la somme de 100 000 $.

Isozaki est considéré comme l’un des premiers architectes japonais à avoir intégré les styles et les influences occidentaux dans son travail. Son intérêt pour la diversité culturelle a été suscité par l’influence de la culture américaine au Japon, dont les villes venaient d’être dévastées par les bombardements aériens américains, après la Seconde Guerre mondiale, lorsque son pays était occupé par les troupes américaines.

Il a été intrigué dès son plus jeune âge par les codes esthétiques contrastés des deux cultures, alors qu’il rejoignait une nouvelle génération d’architectes japonais chargés de la reconstruction d’un pays dévasté.

Changement constant

Avec ses cheveux gris en bataille et son penchant pour les chemise à colle du président Mao, le distingué architecte japonais a conçu des bâtiments sur les quatre continents, des installations sportives, en passant par des immeubles de bureaux aux musées.

Site faisant partie intégrante du paysage naturel

Ses œuvres s’appuient sur la philosophie de son mentor, Kenzo Tange, architecte moderniste aux œuvres dispersées dans le monde entier, qui a lui-même reçu le Pritzker en 1987.

En plus de sa vision cosmopolite, Isozaki est également connu pour ne jamais se cantonner à un style précis, montrant plus d’intérêt pour l’intégration de chacune de ses constructions dans leurs paramètres uniques.

« Mon plaisir est de créer des choses différentes, pas la même chose », a-t-il déclaré dans une entrevue parue sur le site ArchDaily.

Les deux éléments principaux du travail d’Arata Isozaki – le cosmopolitisme et le désir de se fondre dans l’environnement – ont trouvé leur apothéose au Palau Sant Jordi de Barcelone.

Achevé en 1990 en tant que scène pour les épreuves de gymnastique des Jeux olympiques, le site en forme de dôme est partiellement enfoncé dans le sommet de la colline de Montjuic surplombant Barcelone, de sorte qu’il semble faire partie intégrante de ce paysage naturel.

Au Japon, ses œuvres les plus célèbres sont le musée municipal d’art de Kitakyushu, construit en 1974, et l’hôtel de ville de Kamioka de 1978, qui reflètent l’éclectisme de l’architecte: le premier est placé sur le signe du cubisme vifs et éclatant, tandis que le dernier est tout en courbes.

Notis©2019

Par Sidney Usher

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