Faire face à une perte peut être particulièrement difficile pendant la période des rituels festifs. C’est une saison où les jours sont plus secs, plus froids, plus sombres. Où trouver de la ressource pour surmonter ce gros chagrin, pourtant prévisible mais tellement pénible ? Comment ne pas sombrer dans la tristesse, le désespoir et la dépression ?

Voici la technique des sept actes qui pourrait vous aider à traverser ces difficiles semaines.

  1. Accepter

Nous finissons par nous attacher aux gens et lorsque cet attachement rompe, nous souffrons, nous pleurons. Ainsi va la vie, ainsi va la nature humaine et cela est applicable au monde animal.

Être en en deuil est donc une réponse naturelle. Cet état ne peut être limité dans le temps, mais les  psychothérapeutes spécialisé dans le deuil disent qu’en général un chagrin intense peut aller jusqu’à six mois, voire plus.

Claire Bidwell Smith, auteure du livre intitulé « Anxiety: The Missing Stage Of Grief »écrit qu’après la perte d’un proche « une des premières choses à laquelle il faut penser est de reconnaître que la situation est difficile et va l’être pour longtemps. Certaines personnes résistent, pensant qu’elles arriveraient facilement au bout du tunnel, mais ce n’est pas toujours le cas. Même lorsque l’environnement immédiat semble normal, il manquera toujours quelque chose »

  1. Subir

Cette idée spécifique du deuil est d’Elizabeth Kubler-Ross, psychiatre américano-suisse, qui a publié sa théorie des «étapes du deuil» en 1969 dans son livre fondateur, « On Death & Dying ». C’était un livre novateur, principalement parce qu’il suggérait que nous devrions parler ouvertement du chagrin plutôt que de le balayer et le cacher sous le tapis.

Selon la doctoresse Kubler-Ross, nous devrions reconnaître chaque moment de chagrin et consacrer du temps l’affronter. Après la perte d’un être cher, nous ressentons (dans l’ordre): du déni, de la colère, le questionnement, la dépression et la résignation.

Mais cette théorie des « étapes du deuil » était controversée à l’époque et l’est plus encore aujourd’hui, en raison de sa rigidité. La plupart des spécialistes sont en effet en désaccord avec l’idée que le chagrin pourrait être logique. Le philosophe, Thomas Attig, a contesté cette théorie dite rigide dans son livre paru en 1996, intitulé « How We Grieve: Relearning The World ». Selon Monsieur Attig, le deuil est un processus actif : « Certains peuvent ne pas montrer des symptômes évidents de chagrin. Certains peuvent ressentir une dépression immédiate, sautant ainsi directement à la quatrième étape du livre de Kubler-Ross. Certains peuvent commencer par la résignation (étape cinq) avant la colère ultérieure (étape deux). Certains peuvent ressentir différentes couches de sensations qui ne pourraient pas être condensées en un seul diagnostic ». La conclusion de Thomas Attig est que le processus du deuil est une affaire personnel qui ne se négocie pas avec celui ou celle qui est parti(e). Il s’agit de renégocier notre relation avec nous-mêmes. C’est un combat intérieur.

  1. Honorer

Certaines personnes ont le sentiment qu’elles ont besoin de s’adapter plus que jamais, de recréer les habitudes de leur bien-aimé et d’en parler.

Bidwell Smith conseillait déjà des patients en deuil depuis des années lorsque sa propre mère est décédée. Elle a déclaré : « Après le décès de ma mère, j’ai découvert que je devais célébrer les fêtes de fin d’année. Elle aimait cette période de l’année, elle aimait Noël et le 1er janvier. Ainsi, chaque année, consciente de cela, il me semblait important de faire comme elle, en ressortant les choses qu’elle aimait »

  1. Zapper

Pour certaines personnes, cette période de l’année est trop douloureuse, alors ils l’évitent. Si vous avez les moyens, voyagez, allez faire une retraite de yoga, ou traverser le pays en voiture. Vous pouvez même rester à la maison, mais sans réaliser les rituels festifs de fin d’année. Vous pouvez tout simplement décider de ne pas essayer de faire comme tout le monde, n’allez pas acheter et installer toutes les décorations cette année, si c’est trop et trop pénible.

  1. Donner

Où que vous soyez, faire quelque chose de charitable peut vous aider à sortir la tête de l’eau et redonner un sens à la vie. En effet, la perte est, pour beaucoup de gens, une crise de sens. Car, les personnes auxquelles nous nous attachons donnent un sens à nos vies. Personne n’a une relation positive à 100%, mais ces relations nous donnent un sens.

Il faut du temps pour reconstruire ce sens, réfléchir sur qui vous êtes maintenant et comment la personne que vous avez perdue vous a aidez à vivre.

Il faut penser à poser des actes significatifs, comme faire un don ou faire du bénévolat, ou collecter des cadeaux pour les familles en difficulté, ou faire un don en argent au nom de votre bien-aimé (e). Cela peut redonner un sens à votre vie.

  1. Parler

Certaines personnes ne sont pas prêtes à parler du disparu. Dans ce cas, il leur faut avertir les autres membres de la famille. Dites-leur simplement: « Je ne veux pas en parler cette année, je veux juste passer tranquillement cette période « .

En revanche, si vous voulez vraiment en parler, il y a plusieurs moyens de le faire. Vous pouvez partager ses photos, inviter des amis proches à partager des histoires à son sujet, préparer un repas qu’il ou elle aimait, en signe de commémoration.

  1. Sortir

La mort d’un être cher nous plonge dans la solitude, et peut nous pousser à rompre avec tout le monde. Les thérapeutes du deuil disent tous que les contacts avec d’autres membres de la famille, des amis proches, des collègues ou même de nouvelles connaissances peuvent aider plus que qu’on puisse l’imaginer.

Celles et ceux qui pensent ne pas avoir quelqu’un vers qui se tourner pourraient rechercher un groupe de soutien – il y en a beaucoup, en particulier à cette période de l’année. Il existe des ateliers d’une journée pour les personnes en deuil, voire des communautés virtuelles disponibles sur internet.

Certaines choses peuvent exacerber la douleur, mais elles s’estompent avec le temps. Il y a tellement de gens qui sont en deuil. On peut se sentir très seul, mais il y a toujours des gens qui ont vécu la même expérience et qui sont prêts à vous aider à passer cette étape pénible de la vie. Il suffit de taper à leur porte.

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