Le président de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est soupçonné de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux. Du coup, Monsieur Ghosn est devenu l’une des personnalités les plus haïes du Japon. Nissan, sixième constructeur automobile mondial, a aussitôt entamé une procédure de limogeage. Cette logique est partagée par Mitsubishi Motors (MMC). La nouvelle pourrait accélérer la succession de Calos Ghosn à la tête de Renault.

« Actes de mauvaises conduites »

Carlos Ghosn, figure emblématique de l’industrie automobile, a été accusé « d’actes de mauvaise conduite manifeste », pour, notamment fausse déclaration fiscale et l’utilisation personnelle des biens de la société.
Selon le quotidien nippon, Asahi Shimbun, il est soupçonné d’avoir minoré une partie de sa rémunération, issue de l’achat et de la vente d’actions. La somme pourrait concerner plusieurs centaines de millions de yens (centaines de milliers d’euros)

« Je ressens le désespoir, l’indignation et le ressentiment. » a déclaré le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, lors d’une conférence de presse. « Au fur et à mesure que les détails sont divulgués, je pense que les gens vont ressentir la même chose que moi aujourd’hui. »
« Tueur de coût »
Ce patron d’origine libanaise et de nationalité française, né au Brésil, affirme que c’est cette « diversité » qui l’a aidé à s’adapter à de nouvelles donnes.

Monsieur Ghosn a commencé sa carrière chez Michelin en France, puis chez Renault. Surnommé le « tueur de coûts » dans les années 1990 pour avoir sabré dans les emplois et fermé des usines, sa réputation a été consolidée après le succès de sa stratégie.

Au Japon depuis 1999, Carlos Ghosn a été le principal artisan du sauvetage du constructeur japonais, au bord de la faillite. Entouré d’une petite équipe de cadres venus de Renault, il a restructuré la société et l’a progressivement rapprochée de la marque au losange au sein d’une alliance industrielle globale. Après ce sauvetage, son statut de héros était si grand que sa vie a été sérialisée dans l’une des bandes dessinées célèbres du Japon.
M. Ghosn a été pressenti comme président potentiel du Liban, décision qu’il a finalement rejetée parce qu’il avait déjà « trop ​​d’emplois »
Dans un sondage effectué en 2011, les Japonais souhaitaient diriger leur pays. M. Ghosn se classait septième, devant Barack Obama (neuvième)
« Parachute dorée »

Longtemps, Carlos Ghosn a été l’un des patrons les mieux payés du Japon, avec une rémunération de dirigeants – incorporant un salaire fixe, variable et des stock-options – supérieure à 9 millions d’euros par an. En 2017, cependant, sa rémunération a baissé, quand il a abandonné sa fonction de directeur général chez Nissan. Il a touché l’équivalent de 5,6 millions d’euros pour son travail chez le constructeur japonais, selon le cabinet d’analyses financières Proxinvest. Cependant, au titre de l’exercice 2017, Renault lui octroi discrètement, la scandaleuse somme de 7,4 millions d’euros.

Ce nouveau scandale pourrait accélérer la succession de M. Ghosn à la tête de Renault. En effet, depuis février 2018, le groupe français est entré dans une période de transition. Un numéro deux chez Renault avait été désigné pour la première fois depuis 2013, en la personne de Thierry Bolloré, nommé directeur général adjoint.