Un guitariste génial, connu et reconnu comme tel, Eric Clapton, est au centre d’un documentaire intitulé « Life in 12 Bars » (« la vie à douze mesures* »). Ce « biopic » réalisé par Lili Fini Zanuck est passionnant en raison de son contraste saisissant : un témoignage enthousiaste  du talent d’un grand guitariste de rock et une mise à nu désarmante de certains aspects abjects qui ont jalonné la longue vie (72 ans et plus) du guitariste.

Talent indéniable

Il y a dans le documentaire beaucoup de séquences fantastiques qui illustrent la carrière de Clapton, de ses débuts avec « The Yardbirds », à travers les années avec les groupes comme « Cream », « Blind Faith », « Derek And The Dominos », un merveilleux clip avec Chuck Berry et Keith Richards…

La rencontre avec Jimi Hendrix a profondément marqué Eric Clapton.  Il a lui-même a qualifié ce moment «d’historique» : « La première fois que j’ai rencontré Jimi, c’était au London Polytechnic, une salle de spectacle dans laquelle « Cream » était programmé également. Nous sommes montés sur scène et puis Chas Chandler a dit: « J’ai cet ami qui aimerait faire un « bœuf** » avec toi », se souvient-il. «C’était drôle, à cette époque n’importe qui pouvait se lever pour aller se jauger sur scène avec n’importe qui, à condition d’être assez convaincant. Jimi Hendrix s’est levé et a fait signe à tout le monde de se tenir prêt. Le moment était grave. Moi aussi, je me suis dit: « Ah, enfin quelqu’un qui joue ce que j’aime, dans la chair, dans l’âme et sur la même scène (…). C’était  vraiment un privilège de jouer avec Jimi Hendrix. C’est quelque chose que personne ne va jamais m’enlever. Cet incident, cette rencontre, cette nuit-là, je veux dire est historique dans mon esprit. Malheureusement très peu de personnes encore en vie se souviennent de ce moment exceptionnel».

Malgré sa longue carrière jalonnée par d’expériences « historiques », Eric Clapton n’est pas encore à la place qu’il mérite d’occupé dans l’histoire du divertissement, en général, et de la musique contemporaine, en particulier. Son talent extravagant, cependant, ne fait aucun doute auprès de ses pairs et selon les spécialistes. Eric Clapton est « Le Musiciens des Musiciens ».

Le grand B.B. King, l’un des piliers du Blues, avant sa mort, le 14 mai 2015, lui a attribué le mérite d’avoir donner un coup de pouce à sa carrière. Eric Clapton a indéniablement ouvert les oreilles du large public blanc au Blues,  cette « infinie répétition par laquelle l’homme s’interroge sur lui-même dans un état d’âme, et d’esprit, et d’humeur, que créent le doute de soi et la proximité sue, connue, voire éprouvée de la mort».

Autodestruction

L’artiste qui émerge de « Life in 12 Bars », est un homme très complexe, souvent généreux mais pas toujours très gentil et durablement « endommagé » par une série de drames. Par exemple la découverte, quand il avait neuf ans, que la femme qu’il pensait être sa mère était en fait sa grand-mère, sa vrai mère l’ayant rejeté. Une de ses copines d’enfance a expliqué à quel point il était difficile de communiquer avec lui : « il se réfugiait sans cesse dans les riffs de sa guitare », a-t-elle dit.