Le Pape François a fait une intervention très remarquée, le 26 avril 2017, dans le cadre d’un entretien du TED (Technologie, Divertissement et Design) organisé par le service de la communication du Vatican. Ces entretiens de courte durée visent à diffuser, via les médias sociaux, la pensée claire du Pape sur l’actualité et le futur de l’humanité.

Humilité

Dans un sermon de 18 minutes, le pontife a prévenu que le pouvoir est «comme du gin dans un estomac vide». Selon lui, les dirigeants, en général, et les politiciens, en particuliers, n’ont de nos jours aucun «contrôle» sur l’avenir de l’humanité.

En parlant dans la langue de son pays adoptif, l’Italie, derrière un bureau, il a dit: «Permettez-moi de le dire haut, fort et clair ceci : Plus vous êtes puissant, plus vos actions auront un impact sur les personnes et plus vous serez appelés à être humbles. Si vous n’êtes pas humbles, votre pouvoir vous ruinera et vous allez ruiner les autres».

L’autre moment fort de la conférence est marqué par la citation d’un dicton Argentin selon lequel «le pouvoir est comme le goût du gin sur un estomac vide : Vous vous sentez étourdi, vous devenez ivre. Vous perdez votre équilibre et vous finirez par vous blesser ainsi que ceux qui vous entourent, si vous n’exercé pas le pouvoir que le peuple vous a confié avec humilité et tendresse. »

Le Pontife est convaincu que « exercé avec Humilité et Amour, le pouvoir prend de la hauteur et devient plus fort, au service des autres et pour le bien commun »

«L’avenir de l’humanité n’est pas exclusivement entre les mains des politiciens, des grands leaders et des grandes entreprises. Oui, ces groupes ont une énorme responsabilité, mais le futur est surtout entre les mains des gens qui aiment et reconnaissent les autres comme eux-mêmes. »

Solidarité

Le Pape François a également plaidé pour que la solidarité ait une place dans les domaines politiques, économiques et scientifiques. Sur ce dernier point, il a déclaré que l’innovation technologique est souhaitable, mais à condition qu’elle n’aggrave pas la situation des personnes qui souffrent déjà.

« Qu’il serait merveilleux que, grâce à la technologie, nous découvrions non seulement des planètes lointaines, mais aussi les besoins des frères et sœurs à la fois si proche et si éloignés. Quelle beauté serait-il si la solidarité – ce mot beau et quelquefois gênant – ne se réduisait pas simplement au travail social et devenait le choix par défaut des pouvoirs politiques, économiques et scientifiques.

Le Pape est convaincu que l’humanité ne pourra s’en sortir que par le travail. « Nous ne pourrons atteindre nos objectifs qu’en travaillant ensemble », a-t-il insisté.

«Quelques années de vie ont renforcé ma conviction que l’existence de chacun est profondément liée à celle des autres. (…) La vie n’est pas seulement du temps qui passe ; la vie concerne les interactions».

Il a poursuivi: «Un seul individu est suffisant pour que l’espoir existe, et cet individu peut être vous. Et puis il y aura un autre «vous», et un autre «vous», et cela deviendra un «nous». Et alors, l’espoir commence-t-il lorsque nous avons un «nous»? Non. L’espoir commence avec un «vous». Quand il y a un «nous», c’est le début de la révolution.