Les affaires n’ont pas encore totalement repris sur la côte est des USA. L’orage Sandy a laissé sur son passage des dommages estimés, pour l’instant, à des dizaines de milliards de dollar. En effet, selon Eqecat, la société qui fait référence en matière de gestion des risques, l’ouragan pourrait causer entre 10 et 20 milliards de dollars de dégâts. Seulement la moitié de la somme devrait être couverte par les compagnies d’assurance. Mais cette catastrophe pourrait naturellement, dans un avenir proche, avoir des effets bénéfiques sur l’économie américaine.

Mercredi crucial

Du fait de l’inondation massive (tunnel, route, égout…) la circulation était pratiquement inexistante au centre-ville de Manhattan.
Au delà de New York City, le transport en commun a été stoppé dans plusieurs villes de l’est des USA, et des milliers de vols ont été suspendus.

Les marchés boursiers ont dû encore être fermés pendant toute la journée d’hier, mardi. Une durée d’inactivité la plus longue depuis les événements du 11 septembre 2001. C’est également la première fois que les activités sont interrompues à New York pendant deux jours consécutifs, depuis 1888.

Les chiffres sont à l’image de la catastrophe: 9 millions d’Américains sans électricité, 11.000 vols annulés, l’ensemble des entreprises fermées… A tel point que le président Barack Obama a décrété sans attendre l’état de « catastrophe majeure » dans l’Etat de New York et le New Jersey.

« New York –Stock Exchange » (La bourse des valeurs de New York) et le «Nasdaq Exchanges » (les échanges du Nasdaq), dont les installations situées au sud de Manhattan n’ont pas été affectées, ont prévu tous les deux d’ouvrir leurs portes, ce matin. Il faut dire que le dernier jour du mois est d’habitude crucial pour les « traders » : c’est le jour où sont arrêtés le Bilan et la Prospective.

Une catastrophe couteuse

Il est maintenant acquis que l’ouragan Sandy comptera parmi les plus dévastateurs aux Etats-Unis. Loin, très loin, du cyclone Katrina – 40 à 66 milliards de dollars de dégâts autour de La Nouvelle Orléans en 2005. Mais plus qu’Irene – 10 milliards l’an dernier.
Cette comparaison n’est pas pour rassurer, car le National Hurricane Center communique des chiffres plus importants encore pour de tels ouragans. Il additionne pour cela les coûts constatés par les compagnies d’assurance et les conséquences indirectes sur l’économie.

Sandy pourrait donc provoquer bien plus de dégâts que les 10 à 20 milliards d’abord estimés. La facture comporte un verso. « Les coûts sont généralement calculés en fonction des dommages causés aux habitations, aux infrastructures et aux autres biens matériels. Aux Etats-Unis, ils sont calculés en prenant les pertes des assurances et en multipliant par deux, en présupposant que la moitié des pertes sont assurées », commente William Nordhaus, professeur d’économie à l’université de Yale, interrogé par la BBC. « Cela ne prend pas en compte les journées de travail perdues, le temps passé à calfeutrer les fenêtres, ou encore la perte de savoir occasionnées par les heures d’école annulées. »

C’est sans compter, aussi, les coûts supportés par les administrations publiques : hôpitaux mobilisés, police et garde civile sur le pied de guerre, ravitaillement en eau et en nourriture pour les populations sinistrées…

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