Peut-on vraiment connaître quelqu’un?
Publication : 12 octobre, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Croyances, Management, Société | Commentaire(s) (Un commentaire)

Se connaitre soi-même est déjà très difficile, alors connaitre les autres….même si, dans un certain sens, le recul peut permettre de percevoir une facette que l’autre ne voit pas, lui. Mais, en général, nous ne nous connaissons pas assez ou nous ne faisons pas l’effort de connaitre l’autre, parce que, tout simplement, la communication entre les êtres humains n’est pas simple. Connais-tu ton voisin ? La question est simple, mais ce sont parfois les questions simples qui sont les plus ardues à résoudre!

Visages multiples

La certitude est un idéal vers lequel on tend sans jamais y aboutir. Elle fige l’autre dans notre conscience et empêche l’évolution de la connaissance. N’est-ce-pas elle qui empoisonne nos relations ? Et puis, « Connaitre », est-ce vraiment le mot qui convient ?

N’avez-vous pas encore dit à l’être aimé(e): «Je ne sais pas qui tu es » ou « je ne te (re)connais plus »… ? Ce sont des phrases qu’on entend à la télé et qu’on lit dans la littérature, mais qui sont d’une actualité cruelle.

Il faut se mettre à la place de l’autre en songeant aux nombreux visages que nous-même présentons au cours d’une journée. En effet, le comportement est différent selon que l’on est avec un patron, les collègues, les parents, les enfants, un ami d’enfance… Bref, nous n’avons pas un visage fixe. Nous avons plusieurs visages. Finalement, nous n’avons pas de visage!

Les événements impactes notre vie et les vicissitudes de la vie marquent notre visage. Nous changeons tout au long de notre vie. Malheureusement, les autres ne peuvent (ou ne veulent) pas le savoir.

Il faut des années pour se rendre compte que «maman et papa» sont en fait des gens normaux qui ont eu une vie avant de nous mettre au monde. Interrogez-les sur leur passé et écoutez leurs histoires. Vous découvririez qu’ils sont autre chose que cette image qui a bercé votre enfance.

De la même façon, nous sur-dimensionnons les célébrités, nous idéalisons les hommes politiques, parce que nous ne connaissons pas vraiment leurs histoires personnelles. En d’autres termes, pour connaître vraiment quelqu’un, il faut qu’il joue un rôle actif dans la transmission des connaissances le concernant personnellement.

Visage caché

Nous sommes choqués lorsque nous découvrons le visage que nous cachait un(e) partenaire. De la même façon que nous avons été choqués par la mort, par suicide, de l’acteur Robin Williams. Ayant grandi avec lui, vu ses films sans cesse et même suivi ses problèmes personnels (drogue, divorce, désintoxication…), beaucoup d’entre nous l’estimaient et pensaient le connaitre.

La dépression est l’un des plus grands obstacles de la vie, même chez les gens que nous côtoyons tous les jours. Les victimes se cachent aussi souvent d’eux-mêmes, ainsi que du monde qui les entoure.

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La leçon que donne la dépression nerveuse est que nous ne pouvons pas savoir quelle réaction une personne va avoir dans certaines situations. Simplement, nous prenons pour acquis ce que nous pensons savoir. Nous exprimons notre surprise sans vraiment chercher les causes profondes d’un tel décalage. Et nous exprimons, derrière le masque de l’anonymat, notre désarroi égoïste par des accusations et des injures sur les médias sociaux, sans vraiment savoir pourquoi.

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«Pour comprendre quelqu’un, il faut rentrer dans sa peau et considérer les choses de son point de vue », écrit Atticus Finch dans son roman intitulé « To Kill a Mockingbird ». C’est peut-être tout ce que nous pouvons faire : sortir de soi, partager et finalement aimer l’autre autant que nous-même.

Notis©2014


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