Le père André Cabes, auteur de « Voici ta mère : Marie au cœur de notre foi », lève un coin du voile sur le mystère qui entoure l’Assomption, la fête que les catholiques célèbrent le 15 août.

Les origines

Il vient du latin assumere, qui signifie « enlever » : Marie fut élevée au ciel par la puissance divine, et non par ses propres forces. Elle a bénéficié de ce « privilège » parce que, donnant la vie au fils de Dieu, elle s’est unie de la manière la plus étroite possible avec lui et a reçu sa puissance de vie. Comme Jésus, son âme et son corps ont vaincu la mort.

L’Assomption ne doit pas être confondue avec l’Ascension, qui signifie « monter », et désigne l’élévation du Christ au ciel par sa propre énergie.

La mort de Marie 

Le Nouveau Testament ne nous apprend rien sur la fin de sa vie terrestre. Mais des textes apocryphes, c’est-à-dire non authentifiés, écrits sur la base de traditions orales, fournissent des scénarios divers sur les circonstances de son élévation au ciel. Selon l’une de ces sources, les apôtres auraient enseveli son corps. Arrivé en retard, Thomas aurait demandé l’ouverture du tombeau et constaté sa disparition. Pie XII n’a pas voulu trancher la question lorsqu’il a proclamé le dogme de l’Assomption.

Mais Jean Paul II a soutenu personnellement l’hypothèse de ce passage par la mort, tel son fils Jésus. Pas comme une expérience de souffrance, mais comme une plongée dans un doux sommeil, une étape. Je partage cette opinion. Toutefois, cet épisode ne doit pas se réduire à une anecdote historique. L’essentiel est ailleurs : la compréhension du message offert par Marie.

Le message 

La promesse du Christ de notre résurrection corps et âme devient réalité avec Marie. Sa destinée « anticipe » celle de l’humanité. Elle délivre le secret de l’accès au paradis, et donc du bonheur : la porte s’ouvre à celui qui croit. Au paradis terrestre, les hommes ont voulu s’emparer de la source de la vie, symbolisée par la pomme, au lieu de tendre la main pour la recevoir. Ils ont péché par manque de confiance. Marie, elle, ne reven­dique rien. Elle accueille le don de Dieu et s’abandonne totalement à sa puissance.

Elle symbolise la créature divine parfaitement réussie : non souillée par le péché originel (selon le dogme catholique de l’Immaculée Conception) et donnée aux autres. Le corps de Marie s’inscrit, comme l’âme, dans l’éternité de Dieu : l’Assomption nous appelle ainsi à ne pas réduire notre corps à une matière décomposable après la mort.

Notis©2018

Source : La Vie