LE BRUIT TUE!
Publication : 6 juillet, 2018 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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Si vous habitez près d’un aéroport, d’une voie de chemin de fer ou d’une autoroute, night-club à ciel ouvert et autres poubelles à décibels, il est certainement temps de déménager. En effet, il est acquis que les émanations produites par les avions, trains, automobiles et la foule ont un impact négatif sur la santé. La conclusion d’une récente étude parue dans le Journal « American College of Cardiology », le confirme: « la pollution sonore nuit au cœur ».

Preuves
Un lien entre la pollution sonore et les maladies cardiovasculaires a été constaté par de nombreuses et constantes études, selon les auteurs de la nouvelle étude. Les niveaux élevés de décibels provenant de la circulation routière et des avions, par exemple, ont un lien indiscutable avec les maladies comme l’hypertension artérielle, les coronaropathies (maladies coronariennes), les accidents vasculaires cérébraux et à l’insuffisance cardiaque – et ce, après le contrôle d’autres facteurs, tels que la pollution atmosphérique et le statut socioéconomique.


Mais avant cette nouvelle recherche, on ne savait pas grand-chose sur comment exactement la pollution sonore pouvait contribuer à des problèmes cardiaques. Voulant faire la lumière sur cette question, des chercheurs de l’Université Johannes Gutenberg (Allemagne), ont compilé et analysé les résultats de dizaines d’études antérieures sur le bruit et divers résultats de santé.
Dommages

Sur la base des preuves existantes, la nouvelle recherche suggère que le bruit perturbe le corps jusqu’aux cellules. Spécifiquement, les chercheurs disent que l’exposition permanente au vacarme génère des réponses au stress et active le système nerveux lié au « combat ou la fuite ». L’exposition continue au bruit conduit à un brusque accroissement des hormones du stress, ce qui peut éventuellement conduire à des dommages vasculaires.
Le bruit semble également être un facteur déterminant dans la survenance du stress oxydatif et les anomalies métaboliques, ajoutent les scientifiques, ce qui pourrait contribuer à d’autres maladies chorioniques comme le diabète.

Les personnes qui, en plus d’être exposé aux facteurs favorisant la maladie cardiovasculaire, vivent dans un environnement bruyant, pourraient accélérer d’autres problèmes de santé, comme l’athérosclérose.
« Le bruit n’est donc pas seulement ennuyeux », a déclaré le coordinateur de l’étude, le Dr Thomas Munzel, dans un courriel. Bien que cette documentation se concentre principalement sur les implications cardiovasculaires et métaboliques du bruit, elle souligne également qu’il existe de plus en plus de preuves que le bruit chronique peut causer des maladies mentales (dépression et anxiété) et peut nuire au développement cognitif des enfants.

Urbanisation
Parce qu’elle perturbe le sommeil, la pollution sonore affecte certainement la santé du cœur. Plusieurs études ont montré que le bruit nocturne engendre une augmentation de la tension artérielle – même si les gens ne se sont pas réveillés ou ont réalisé que leur sommeil a été perturbé. « On peut fermer les yeux, mais pas ses oreilles », a déclaré Munzel. « Notre corps réagira toujours avec une réaction de stress », a-t-il ajouté.
Même le bruit chronique au cours de la journée peut probablement avoir des effets majeurs sur le corps, a déclaré le Dr James O’Keefe, cardiologue à l’Institut de cardiologie Mid America, Saint Luke’s Hospital, à Kansas City. « Lorsque nous sommes exposés à des bruits forts, le système nerveux du « combat ou de la fuite est mis à rude épreuve » », a déclaré O’Keefe, qui n’a pas été impliqué dans la nouvelle étude. « Cela peut vraiment mettre votre système immunitaire en état d’alerte et vous rendre nerveux, ce qui peut épuiser votre résilience – tout comme n’importe quel autre type de stress physique ou mental. »


Munzel a également déclaré dans son courriel « que les habitants des zones urbaines du monde devraient s’inquiéter de la pollution sonore, car le problème s’aggrave à mesure que de plus en plus de personnes vivent dans les grandes villes. (…) Il est important de noter que personne ne peut développer de tolérance au bruit ». En fait, les systèmes cardio-vasculaires semblent devenir plus sensibles au bruit – et plus facilement endommagés – au fil du temps.

Conseils
Certes, il n’y a pas de seuil de volume établi pour le risque de maladie cardiaque, mais il semble qu’une exposition chronique à quelque chose de plus de 60 décibels (le niveau d’une conversation typique dans un bureau) peut nuire au système cardiovasculaire. Un anneau de téléphone produit environ 80 décibels, un marteau-piqueur environ 100, et un avion au décollage environ 120.

Il n’est pas possible, surtout dans les grandes villes, d’éviter les bruits forts. Mais, selon le Dr O’Keefe  » il est important de rechercher un répit ou repli face au bruit. Il faut garder cela à l’esprit lorsque vous cherchez un appartement ou partez en vacances, par exemple », a-t-il conseillé.
Il a également recommandé d’utiliser des dispositifs disponibles sur le marché pour mettre une sourdine aux bruits ambiants la nuit. Porter un casque antibruit dans les environnements bruyants est aussi une façon de dire aux pollueurs sonores que « nos oreilles ne sont pas des poubelles à décibels ».

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