LE VRAI VISAGE DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL
Publication : 13 juin, 2018 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Politique, Sport | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Nous voici de nouveau à la veille du plus grand festival itinérant de la planète: la Coupe du Monde de Foot. Cet événement – qui apparaît tous les quatre ans, avec 32 équipes et un champion – est beaucoup plus que ce qui se passe sur un terrain d’herbe et un ballon que se disputent 22 athlètes. C’est une question de politique, une affaire de sous, des problèmes de société. C’est une question de race, de classes sociales et d’histoire humaine. La coupe du monde de Football est alimentée par la corruption, le nationalisme, la peur et la joie. Bref, c’est un tout.

Vitrine  

Alors que certains pays, comme l’Allemagne, la France, le Brésil et l’Espagne, espèrent ou s’attendent à être les vedettes de la série, d’autres – à l’image des débutants comme l’Islande ou le Panama – sont heureux d’avoir obtenu laborieusement leur ticket d’entrée sur le terrain. Comme toujours, ceux qui n’ont pas réussi à se qualifier regarderont à la télévision avec envie leurs collègues.


Pour la coupe du monde 2018, il n’y a peut-être pas d’hôte plus approprié, étant donné l’état du monde actuel, que la Russie. Plusieurs rapports explosifs ont mis en lumière comment ce pays est sorti indemne d’une enquête de corruption au cœur de la FIFA. Rien d’étonnant, après tout, chaque pays qui accueille ce tournoi le fait pour se vanter, pour s’affirmer sur la scène mondiale.

En 2010, l’Afrique du Sud a organisé la coupe du monde de football, en partie, pour montrer qu’un pays africain, en dépit des doutes et des stéréotypes, pouvait superbement mettre en scène une pièce maîtresse mondiale.

Le Brésil l’a fait en 2014, dans le contexte d’une corruption flagrante et d’une montée abyssale des inégalités sociales, pour projeter le sens de ses propres compétences et prouesses.

Silence
Lorsque la France a remporté la Coupe du Monde en 1998, brandissant le trophée sur son sol, avec une équipe dont les héros provenaient de divers horizons, sa victoire a été considérée comme un triomphe de la « diversité inclusive » et l’harmonie raciale. Aujourd’hui, cette vague d’enthousiasme s‘est effondrée. Elle est contestée, n’a jamais existé. Elle a disparu. La banalisation du Front national d’extrême droite et les nuages ​​du nationalisme populiste qui planent dans le monde occidental, montrent que celles et ceux qui ont tenus ou soutenu cette belle idée étaient  bien naïfs.

Vu l’état du monde, la Russie, bien sûr, ne se soucie pas de maintenir une façade attractive progressive de son régime : La Russie ne veut pas plaire ; elle veut s’affirmer !

Comme un symbole, le premier match du tournoi – entre la Russie et l’Arabie saoudite – présente deux pays dont l’abus des droits de l’homme de ses propres citoyens est particulièrement flagrant. Mais, une fois encore, on fermera les yeux sur ces atrocités.


La Coupe du Monde de 1978 en Argentine s’est déroulée dans le contexte d’une répression sévère de la part du gouvernement au pouvoir et ce fut encore « un grand tournoi de Football ». On ferme les yeux, parce que la Coupe du Monde est une affaire séduisante.

C’est marrant. Une fois que la musique commence, le monde entier devient soudain sourd, aveugle et insensible à la souffrance de citoyens ordinaires qui, non loin de là, crient leur désespoir.

Notis©2018


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