LE BLUES D’ERIC CLAPTON
Publication : 14 janvier, 2018 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Culture | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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Un guitariste génial, connu et reconnu comme tel, Eric Clapton, est au centre d’un documentaire intitulé « Life in 12 Bars » (« la vie à douze mesures* »). Ce « biopic » réalisé par Lili Fini Zanuck est passionnant en raison de son contraste saisissant : un témoignage enthousiaste  du talent d’un grand guitariste de rock et une mise à nu désarmante de certains aspects abjects qui ont jalonné la longue vie (72 ans et plus) du guitariste.

Talent indéniable

Il y a dans le documentaire beaucoup de séquences fantastiques qui illustrent la carrière de Clapton, de ses débuts avec « The Yardbirds », à travers les années avec les groupes comme « Cream », « Blind Faith », « Derek And The Dominos », un merveilleux clip avec Chuck Berry et Keith Richards…

La rencontre avec Jimi Hendrix a profondément marqué Eric Clapton.  Il a lui-même a qualifié ce moment «d’historique» : « La première fois que j’ai rencontré Jimi, c’était au London Polytechnic, une salle de spectacle dans laquelle « Cream » était programmé également. Nous sommes montés sur scène et puis Chas Chandler a dit: « J’ai cet ami qui aimerait faire un « bœuf** » avec toi », se souvient-il. «C’était drôle, à cette époque n’importe qui pouvait se lever pour aller se jauger sur scène avec n’importe qui, à condition d’être assez convaincant. Jimi Hendrix s’est levé et a fait signe à tout le monde de se tenir prêt. Le moment était grave. Moi aussi, je me suis dit: « Ah, enfin quelqu’un qui joue ce que j’aime, dans la chair, dans l’âme et sur la même scène (…). C’était  vraiment un privilège de jouer avec Jimi Hendrix. C’est quelque chose que personne ne va jamais m’enlever. Cet incident, cette rencontre, cette nuit-là, je veux dire est historique dans mon esprit. Malheureusement très peu de personnes encore en vie se souviennent de ce moment exceptionnel».

Malgré sa longue carrière jalonnée par d’expériences « historiques », Eric Clapton n’est pas encore à la place qu’il mérite d’occupé dans l’histoire du divertissement, en général, et de la musique contemporaine, en particulier. Son talent extravagant, cependant, ne fait aucun doute auprès de ses pairs et selon les spécialistes. Eric Clapton est « Le Musiciens des Musiciens ».

Le grand B.B. King, l’un des piliers du Blues, avant sa mort, le 14 mai 2015, lui a attribué le mérite d’avoir donner un coup de pouce à sa carrière. Eric Clapton a indéniablement ouvert les oreilles du large public blanc au Blues,  cette « infinie répétition par laquelle l’homme s’interroge sur lui-même dans un état d’âme, et d’esprit, et d’humeur, que créent le doute de soi et la proximité sue, connue, voire éprouvée de la mort».

Autodestruction

L’artiste qui émerge de « Life in 12 Bars », est un homme très complexe, souvent généreux mais pas toujours très gentil et durablement « endommagé » par une série de drames. Par exemple la découverte, quand il avait neuf ans, que la femme qu’il pensait être sa mère était en fait sa grand-mère, sa vrai mère l’ayant rejeté. Une de ses copines d’enfance a expliqué à quel point il était difficile de communiquer avec lui : « il se réfugiait sans cesse dans les riffs de sa guitare », a-t-elle dit.

Un autre fait qui a durablement marqué le guitariste est la mort de son fils, Conor, alors âgé de quatre ans.  Conor est mort le 20 mars 1991 tombé d’une fenêtre qu’un nettoyeur avait laissé ouverte dans un appartement situé au 53ème étage d’un immeuble de Manhattan, que sa mère, le top model italien, Lory Del Santo, louait.

Après les funérailles, Eric Clapton s’isola dans un chalet à Antigua où il passa près d’un an à jouer de la guitare et à communiquer à peine avec le monde extérieur. « Tout ce que je pouvais faire était de jouer et d’écrire des chansons et je les réécrivais et les réécoutais encore et encore et encore et encore jusqu’à ce que je sois comme si j’avais fait un mouvement vers la surface de mon être et que je pouvais enfin émerger». Clapton a dédié sa chanson « Tears in Heaven à Conor ».

Épuisé par ses tragédies Eric a révélé dans le documentaire qu’il s’est mis à boire quotidiennement une bouteille de cognac avant midi, avant de renifler de la cocaïne au couteau avant le déjeuner. Cette dépendance en spirale a non seulement assombri sa carrière, mais aussi détruit ses relations avec ses proches.

Dans une entrevue accordé à la chaine CNN, Ecric Clapton a affirmé être gagné par la surdité et ne possède plus sa virtuosité légendaire. « Je ne sais pas pourquoi les gens viennent encore à mes concerts. C’est peut-être par curiosité », a-t-il affirmé.

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