LE GOUT DU RISQUE
Publication : 17 décembre, 2017 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Management | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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Pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui sont assez courageux « se lancent sans filets, ni parachute » et finissent par avoir gain de cause. Ils sont souvent célébrés et parfois jalousés, pour avoir osé.

Après tout, agir en toute sécurité ne conduit pas à une excellente histoire. « Seuls ceux qui sont prêts à prendre de grands risques peuvent récolter d’excellentes récompenses. Ceux qui ne prennent pas de risques sont sur le chemin de l’échec garanti », a déclaré le fondateur d’un célèbre site internet.

Si vous êtes du genre « frileux » – ce n’est pas votre style de sauter dans l’inconnu – alors comment réaliser vos grandes ambitions ? Qu’est-ce qu’il faut pour sauter avec aisance dans l’inconnu? Et est-il possible qu’un « frileux » de naissance devienne un preneur de risques intelligents?
Portait du preneur de risque
Notre capacité à prendre des risques et à être à l’aise malgré un résultat incertain est affectée par les conditions psychologiques et culturelles dans lesquelles nous avons grandi et l’acceptation plus large des comportements à risque.
La recherche a révélé, par exemple, que le niveau individuel de testostérone est directement lié à l’appétit pour la prise de risque. Comme les hommes ont tendance à avoir des taux de testostérone plus élevés que les femmes, ils sont souvent enclins à agir de façon impulsive, à partir d’informations partielles. Cela étant, l’étude montre que les deux sexes ont des appétits semblables en ce qui concerne les sauts dans l’inconnu.
Lorsque quelqu’un se prépare consciencieusement et soigneusement à un combat, ses niveaux de testostérone augmentent et gagne en confiance. En revanche, lorsque l’entreprise risquée suscite réticence et défaillance avant même sa mise en application, le taux de testostérone diminuent drastiquement.


Les expériences personnelles et les antécédents affectifs individuels affectent également le rapport avec la décision de faire le grand saut. Les parents trop conservateurs altère prise d’initiative de leurs enfants. La prise d’un risque dans le passé qui n’a pas payé peut pousser à la prudence lorsque se présente un nouveau défi.
Les facteurs culturels ne sont pas à négliger non plus. En effet, naitre et grandir dans une société ou un groupe social qui valorise les succès stables et sûrs dans la vie professionnelle, financière ou personnelle inhibe la volonté de sortir des sentiers battus et d’essayer d’autres voies non usitées. Dans certains environnements, comme la haute technologie numérique, prendre des risques est considéré comme fondamental pour le démarrage de toute entreprise.
Adoption du risque

Pour ceux qui sont naturellement  casaniers, il existe heureusement quelques moyens pour se familiariser avec le vertige qu’entraine la volonté de sortir de l’ornière. Dans une mesure bien limitée, il est en effet possible de modifier les réponses physiologiques qui font obstacle à une quelconque entreprise risquée. Cela passe par la maîtrise de certaines données psychologiques.
Le Docteur Dara Swart, neurologue et coach en performance personnelle, recommande la pratique qu’elle appelle le «silence de l’esprit». Cet ensemble de techniques est conçue pour réduire le «bavardage du cerveau», en formant le cerveau à être toujours présent. Que vous soyez en train de marcher, de manger ou de respirer, en vous concentrant sur les visions, les sons et les sensations physiques de ce moment particulier, vous pourriez mettre fin à l’habitude de revoir partout les erreurs et les soucis du passé. Le « silence de l’esprit » associé à un mode de vie sain, favorise la mise sous contrôle des niveaux d’adrénaline et de cortisol, l’hormone du stress qui est libérée lorsque nous sommes sous le type de pression associée à un risque. En d’autres termes, la vigilance peut réduire les niveaux de cortisol et d’adrénaline, afin d’avoir l’esprit assez clair pour prendre des décisions intelligentes, même dans des conditions à haut risque.


Prendre des risques signifie également surmonter certaines réflexes suscités par l’incertitude et l’anxiété. Srini Pillay, auteur d du passionnant livre intitulé « Réfléchir moins pour en savoir plus », écrit que « la biologie joue un rôle très important dans la capacité de prise de risque ». Il croit que l’une des façons les plus efficaces pour renforcer la résilience face à l’angoisse suscitée par la prise de risque est d’exploiter le pouvoir du subconscient. Le cerveau conscient nous permet de nous concentrer et d’utiliser les leçons des expériences passées pour prendre de meilleures décisions. Pour prendre des risques intelligents, il est donc essentiel de laisser le subconscient prendre parfois le relais. Ce qui n’est pas aisé, puisque 90 à 98% de l’activité humaine est contrôlée par la partie consciente de son cerveau.

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