« LA PROMESSE » DE JOE BIDEN
Publication : 16 novembre, 2017 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Politique | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Le récit n’est peut-être pas aussi perspicace que la biographie romancée du président Obama, «Dreams From My Father» (Les rêves d’un père), ou aussi débordant (494 pages) que «What Happened» (Ce qui s’est passé) et (1022 pages) « Ma VIE » de Monsieur et Madame Clinton, mais «Promets-moi, papa» de Joe Biden, a le mérite d’offrir quelque chose à tout le monde.

Pages après page, l’ancien vice-président des États-Unis d’Amérique juxtapose, combine et entremêle une histoire personnelle déchirante,  des affaires politiques internes et des relations internationales. La pièce maîtresse du livre est sans doute le récit qu’il livre sur la mort de son fils, Beau.

Joe Biden partage son chagrin et un message qui est le suivant: « En nous engageant dans la vie, aussi déroutante qu’elle puisse paraître surtout après une tragédie, il est possible de se relever et continuer la marche vers l’épanouissement ».
Le livre est aussi un document politique, dans lequel Joe Biden rappelle ses actions et fait de fréquentes incursions dans les zones sensibles de la politique étrangère de son pays.

Éloge 

Deux ans avant la tenue des élections de 2016, affaibli par la maladie (cancer du cerveau), Beau fit clairement savoir qu’il voulait que son père se présente à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique. Ce désir était, selon Biden, à la fois altruiste et protecteur : « Beau ne pouvait supporter l’idée que sa maladie freine mes aspirations politiques ».

Pour Joe Biden, recevoir une investiture comme candidat à la présidentielle pendant ces temps sombres lui aurait redonné le goût du combat, «une façon de défier le destin», comme il le fit au début de sa carrière politique. En effet, peu après sa première élection au Sénat en 1972, l’épouse de Biden, Neilia, et sa fille de 13 mois, Naomi, furent tuées dans un accident de voiture. Le deuil faisait donc déjà partie de son héritage.

Pendant la maladie jusqu’à la mort de Beau, la vie de Biden fut une succession de scènes surréalistes. Une minute, il était assis au chevet de son fils à l’hôpital; le lendemain, il était dans une salle aménagée à proximité, pour parler avec le Premier ministre irakien. La charge de la fonction publique l’amena à contenir ses émotions devant les caméras. Mais ces sentiments ressurgissaient sans cesse. Par exemple, le 29 mars 2015, à bord d’Air Force, il écrit qu’il se sentait « porté et plein d’espoir ». Quelques heures plus tard, à l’atterrissage, il écrit à 06:07 « Je me sens si seul ». Ces éclairs de vulnérabilité font partie de ce qui rend le texte de Joe Biden particulièrement attrayant.

A travers « Promets-moi, papa », Biden partage des astuces qu’il a apprises sur la façon de supporter et de survivre aux premiers jours d’un deuil.
Résurrection

« Promets-moi, papa » n’est-il pas secrètement un livre de pré-campagne électorale? La façon dont Joe Biden raconte et insiste sur ses belles réalisations personnelles et son expertise politique montre qu’il envisagerait sérieusement de prendre part à la course de 2020 pour la maison blanche.

Comme l’écrit Biden, 2015 fut l’année du paradoxe. Après la mort et la promesse de son fils, il fit face à une pression énorme dans sa propre famille pour se présenter à la présidence, pour l’amour de Beau. Mais en dehors de sa famille et garde rapprochée, peu de gens crurent qu’il puisse être capable de gérer les tensions d’une campagne nationale. Pourtant, c’est à ce moment-là que plusieurs de ses anciens collègues sénateurs le pressèrent de se jeter dans la course présidentielle. C’est à ce moment-là que George Clooney lui proposa ses services pour recueillir des fonds.
Et puis Hillary Clinton réalisa l’impossible défaite, même dans beaucoup d’États où Biden semblait bien placé pour l’emporter. Barack Obama avait découragé Biden de faire le saut à la faveur d’un « deal » avec Hillary Clinton. Les regrets de Joe Biden sont d’autant plus fondés qu’il n’eut aucune chance de concourir.

Finalement, « Promets-moi, Papa » est une histoire non réalisée, mais qui est encore vibrante, comme Beau. « Tout est lié à Beau » et tout est encore possible pour Joe Biden.

Notis©2017


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