L’ÉTAT D’AVANCEMENT EN MATIÈRE DE PRÉVENTION DU VIH
Publication : 3 août, 2017 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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La campagne contre le sida des années 1990 était principalement axée sur l’abstinence et la monogamie.  Aujourd’hui les scientifiques semblent s’éloigner de cette campagne « alarmante ». Ils ont dévoilé, dans le cadre de la conférence internationale de Paris, une nouvelle approche très libérale, permettant aux gens d’avoir tous les rapports sexuels sains qu’ils souhaitent. Les stratégies de prévention modernes sont, notamment, les anneaux vaginaux, la circoncision masculine et la prise de médicaments antirétroviraux (ARV).

Plus de trente-cinq ans de recherche n’ont pas encore permis la guérison ni la découverte d’un vaccin contre le VIH. Le virus a infecté plus de 76 millions de personnes et tué 35 millions de malades, depuis sa découverte en 1980. Chaque année plus de deux millions de personnes sont infectées et s’ajoutent aux 17.1 millions dans l’attente d’un traitement à base de médicaments antirétroviraux (ARV).

Ce sombre tableau montre que la prévention est «absolument cruciale», selon l’expression d’Anthony Fauci, directeur de l’Institut national d’allergie et de maladies infectieuses (NIAID) du Maryland, pour limiter le nombre de nouveaux infectés.

La conférence de Paris a été l’occasion de faire le point sur les avancés en matière de prévention contre la maladie. Des éclaircissements ont été apportés sur certains aspects jusque-là flous:

La Circoncision

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il existe des «preuves convaincantes» selon lesquelles la circoncision masculine réduit le risque d’infection sexuelle par le VIH chez les hommes hétérosexuels.

Dans le cadre de la conférence de Paris, les chercheurs ont déclaré que la circoncision des hommes protège également leurs partenaires féminins.

Dans une étude portant sur près de 10 000 personnes en Afrique du Sud, les femmes qui ont signalé que leur partenaire sexuel masculin étaient circoncis étaient 22% moins susceptibles d’avoir le VIH et 15% moins susceptibles d’avoir un herpès génital que les femmes dont le dernier partenaire n’était pas circoncis.

La raison de l’efficacité de la circoncision n’est toujours pas claire. Est-ce simplement que moins d’hommes sont infectés et infectent d’autres à leur tour, ou la circoncision empêche-t-elle activement les hommes séropositifs de transmettre le virus? « Ce qui est certain, c’est que le fait d’avoir un partenaire circoncis peut offrir aux femmes une protection partielle contre le VIH », a déclaré Ayesha Kharsany du centre de recherche sur le Sida, CAPRISA, basé en Afrique du Sud.

Certains gouvernements de pays fortement touchés par le fléau ont vu dans la circoncision, une arme de prévention contre le sida. Ainsi quelque 12 millions d’hommes ont été médicalement circoncis en Afrique subsaharienne à ce jour dans le but d’arrêter la propagation du VIH, a déclaré Kharsany.

Les signes contraires

Une étude sur les couples homosexuels dans lesquels un partenaire avait le VIH a montré que les hommes infectés qui atteignaient la suppression du virus par l’ARV ont également protégé leurs partenaires non infectés.

« Il n’y avait pas de transmissions de VIH à partir de ces couples », a déclaré Andrew Grulich, de l’Université de New South Wales en Australie, qui a participé à l’étude intitulée « Opposites Attract ».

« Nous pensons que ces résultats confirment fortement l’hypothèse selon laquelle le sexe sans condoms, lorsque la charge virale est indétectable, est une forme de sécurité sexuelle », a déclaré Grulich.

L’Anneau vaginal –

Une étude qui a duré deux ans et porté sur 96 filles âgées de 15 à 17 ans aux États-Unis a montré qu’un anneau vaginal traité avec le médicament antirétroviral dénommé « Dapivirine » était sûr et facile à porter. L’anneau est constamment utilisé et remplacé tous les mois.

Des recherches antérieures portant sur des femmes adultes ont montré que l’anneau a réduit le risque d’infection du VIH d’environ 30%, selon l’équipe de recherche. Une étude plus approfondie est nécessaire pour tester si ce dispositif protége également les filles. « Le VIH ne fait pas de distinction entre un jeune de 16 ans et un homme de 18 ans », a déclaré Sharon Hillier, de l’Université de Pittsburgh School of Medicine. « Les jeunes femmes de tous âges méritent d’être protégées ».

Les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans représentaient un cinquième des nouvelles infections par le VIH chez les adultes en 2015, soit une sur quatre en Afrique subsaharienne où 1 000 sont infectés par jour, selon les auteurs de l’étude.

Le « Bouclier » injectable

Une dose injectable du médicament anti-virus, le « cabotegravir », administré tous les deux mois, a été bien tolérée chez les participants à l’essai, selon les premiers résultats. Le cabotegravir, qualifié comme une alternative à l’ARV par voie orale comme prévention est également appelée prophylaxie pré-exposition ou PrEP.

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