LE SOMMET DE LA CONTROVERSE
Publication : 29 août, 2017 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Politique | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Un groupe regroupant des militants pour la libéralisation de la Palestine, des universitaires et organisations de la société civile a lancé une campagne pour dissuader les pays africains de participer au prochain sommet Afrique-Israël, qui devrait avoir lieu en Afrique de l’ouest (Togo) en octobre 2017.
Plusieurs pays africains, dont l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie, ont déjà décidé de boycotter le sommet, où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devrait rencontrer des dirigeants de plus de 20 pays pour tracer les sillons d’une relation diplomatique et économique durable sur le jeune continent.

Les liaisons dangereuses

Selon un militant d’une organisation basée en Jordanie, la Conférence populaire des Palestiniens à l’étranger (CPPE), les autorités israéliennes veulent exercer en Afrique des activités «dangereuses», telles que le commerce du diamant, une matière précieuse souvent importée illégalement d’Afrique, tel que révélé dans un rapport des Nations Unies de 2009, et les mauvais traitements infligés aux minorités africaines vivant en Israël.
« Contre ce projet [le sommet], nous voulons qu’un mouvement parallèle et contradictoire surgisse en Afrique pour dénoncer cette mascarade » a déclaré Razan Zuayter, représentant légal du CPPE.


Officiellement, le sommet, prévu pour le 23 octobre 2017, offrira un cadre de discussion entre des dirigeants d’Afrique et d’Israël sur des moyens d’améliorer la coopération dans les domaines de la technologie, du développement et de la sécurité.
Dans une lettre adressée aux gouvernements africains et à leurs ambassades respectives, l’organisation de la Conférence populaire des Palestiniens à l’étranger a appelé au boycott du sommet en insistant sur les liaisons dangereuses avec l’Etat Hébreux, «l’État de l’apartheid». En outre, la lettre dénonce les actes d’occupation du territoire palestinien et la violence contre le peuple palestinien, qui constituent une violation flagrante de plusieurs conventions de l’ONU.
Les luttes de libération

« Les pays africains qui ont combattu le colonialisme pendant des décennies et sont devenus libres après une longue souffrance ne devraient jamais s’associer aujourd’hui à l’unique, le  plus ancien et le plus brutal projet colonial de l’histoire contemporain », dit la lettre.
« Au nom de la justice et de la liberté et au nom de l’héritage africain – acquis après une longue lutte – nous demandons à votre pays de se désolidariser du régime de division prôné par le gouvernement israélien ».
En juin 2017, lors d’une conférence sur la sécurité régionale, au Libéria, Netanyahou, le premier ministre Israélien, s’était engagé à renforcer les liens avec le continent, décrivant son engagement comme une « priorité ».
« Je crois en l’Afrique, je crois en son potentiel – présent et futur. C’est un continent en croissance », avait-t-il déclaré dans son discours aux dirigeants d’Afrique de l’Ouest.

Historiquement, les dirigeants africains n’ont, jusqu’à cette date, jamais entretenu de relations chaleureuses avec l’État d’Israël. En effet, suite à la guerre d’octobre 1973, la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ont rompu les rapports diplomatiques avec Israël. En 2016, Netanyahu est devenu le premier chef israélien à visiter l’Afrique subsaharienne, depuis près de trois décennies.

« Au premier abord cette nouvelle amitié avec Israël pourrait apporter à certains pays africains des avantages à court terme … Cependant, ils devraient se méfier des conséquences d’une telle relation à plus long terme. Cette relation pourrait finalement nuire à leurs propres intérêts nationaux », a déclaré Naeem Jeenah, militante d’une organisation basée à Johannesburg. « Le réchauffement des relation avec Israël portera, sur le long terme, atteinte à la souveraineté des pays africains », a-t-elle prédit.

Notis©2017


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