« LE CARTEL » DES COURTIERS EN BOURSE
Publication : 30 juillet, 2017 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Finance-Comptabilité | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

La notion d’éthique ne semble pas avoir droit de cité dans le secteur de la finance. L’actualité le montre : les manipulations (fraudes, délit d’initiés…) du marché des changes font rage. Une étude, réalisée par le cabinet d’affaires, « Labaton Sucharow », le confirme : au moins un tiers des employés cadres des traders sont témoins et/ou acteurs directs d’actes délictueux.

L’argent à tous prix

Environ un quart des haut cadres du secteur reconnaissent aussi avoir subi des pressions pour accomplir des opérations contraires à l’éthique. Au moins 23% des banquiers interrogés pensent que leurs collègues se sont livrés à des comportements illégaux pour se faire bien voir ou obtenir un avantage. La tricherie s’étend au sommet, mais aussi à la base, puis qu’une étude précédente parue cinq ans plus tôt révélait que seulement 10% des courtiers en bourse étaient concernés par de telles pratiques. Près de la moitié des personnes interrogées ont jeté la pierre de la tricherie aux firmes concurrentes.

Jordan Thomas, coordinateur de l’étude, estime que l’ampleur du problème est sous-estimée. «Faire de l’argent à tout prix est l’objectif et non pas faire ce qui est bien et respecter la loi», a-t-il affirmé. L’avocat rapporte que les courtiers épinglés par la justice américaine s’étaient surnommés eux-mêmes «le cartel», ce qui montre que «se livrer à des activités illégales faisait partie de leur culture», a-t-il ajouté.

La confidentialité

Thomas fait aussi remarquer que 15% des professionnels interrogés disent que leurs supérieurs hiérarchiques ont souvent ignoré leurs alertes et soupçons quand ceux-ci concernaient l’un des banquiers ou courtiers les plus performants.

Par ailleurs, 28% des personnes interrogées indiquent que les règles de confidentialité en vigueur dans leur entreprise les empêchent de faire état de ces actes délictueux.

Les autorités américaines ont mis en place des procédures qui permettent à des employés témoins de tels actes de les rapporter tout en étant protégés. C’est ainsi que l’entreprise KBR à 130.000 dollars d’amende pour avoir imposé à ses salariés des règles de confidentialité leur interdisant de faire état à des parties tierces de malversations dont ils seraient les témoins.

Notis©2017


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