Le cercle vicieux des boissons énergisantes
Publication : 14 avril, 2017 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Red Bull, X-Tense, Bomba, Monster ou Burn.., ces boissons dites « énergisantes » auraient des effets indésirables sur la santé. D’après une étude réalisée par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, ces types de boissons contiendraient quasi systématiquement de la caféine. Par conséquent, L’Anses déconseille leur consommation aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes affectées de certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques ou neurologiques ou encore souffrant d’insuffisance rénale ou d’une maladie grave du foie.

Consommation généralisée

Les boissons énergisantes sont présentées comme destinées à soutenir l’activité physique et mentale, aussi bien dans  des situations festives, scolaires, professionnelles ou sportives, et sont aujourd’hui très souvent consommées comme des sodas.

Une enquête montre que 30% de la population adulte est consommatrice de boissons énergisantes. Au sein de cette population, 12% consomment jusqu’à 4,5 litres par mois. Plus de la moitié des  consommateurs y associent des boissons alcoolisées (56 % des adultes et 53 % des adolescents).

52 % des adultes et 41% des adolescents déclarent consommer des boissons énergisantes pendant l’activité physique. 68 % des 10-18 ans en ont consommé dans l’année et 12 % d’entre eux en consomment 7 litres par mois. Plus étonnant  est de constater que 18% des 3-10 ans avaient consommé des boissons énergisantes dans l’année.

Confusion d’étiquettes

Les boissons dites « énergisantes » ne doivent absolument pas être confondues avec les boissons « énergétiques » également appelées boissons de l’effort, qui sont spécialement formulées et conçues pour répondre aux soins des sportifs.

Les boissons énergisantes, très riche en glucides et possédant une charge énergétique élevée, ne correspondent absolument pas aux caractéristiques attendues d’une boisson d’attente, de l’effort, ou de récupération.

En outre, le caractère diurétique de la caféine va à l’encontre de l’objectif nutritionnel recherché, à savoir la préservation des fluides de l’organisme. les boissons énergisantes pénalisent la vidange gastrique, stagnent dans l’estomac. Elles ne sont donc pas rapidement disponibles au niveau de l’intestin pour compenser les pertes hydrominérales liées à la sudation.

Risque sanitaire certain

Saisie à plusieurs reprises dans le passé pour  évaluer l’innocuité et l’intérêt nutritionnel de l’une de ces boissons, l’Anses avait attiré l’attention sur le fait que certains  modes de consommation courants de ces boissons (activité  sportive, consommation en mélange avec de l’alcool) pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires ou neurologiques.

Dans ses travaux, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation insiste sur les concentrations de caféine retrouvées dans ces boissons, ainsi que le fait qu’elles combinent le plus souvent plusieurs agents psychostimulants susceptibles de générer des troubles neuropsychiques.

Pour ce qui concerne l’utilisation des boissons énergisantes en pratique sportive, l’un des risques potentiels des boissons énergisantes tient à la présence de caféine. Cela  se traduit par une augmentation très significative de la température corporelle qui constitue une situation à risque d’accident à la chaleur. Cette prise de risque est d’autant moins justifiée que la caféine ne semble pas améliorer les performances d’exercice à la chaleur.

Intoxication alcoolique

La consommation des boissons énergisantes associées à l’alcool, expose à d’autres risques, comme celui de la sur-alcoolisation. Les consommateurs justifient les mélanges boissons énergisantes-alcool par l’envie de boire plus d’alcool en retardant l’installation de l’état léthargique de l’ivresse. Comparativement à ceux qui ne consomment que de l’alcool, ceux qui consomment des mélanges alcool-boissons énergisantes boivent plus d’alcool. Les conséquences de l’intoxication alcoolique sont, par ailleurs, plus fréquentes et graves chez les personnes qui consomment ce type de mélanges, que ce soient les conduites sexuelles à risque, la conduite sous l’emprise d’alcool.

C’est la première fois qu’une étude met en évidence que la consommation de mélange alcool-boisson énergisante constitue un facteur de risque en soi, indépendamment de la quantité d’alcool consommée.

Dangerosité avérée

Outres l’Anses, de nombreuses agences sanitaires européennes et internationales ont évalué les risques liés à la consommation de boissons énergisantes et à leurs principaux ingrédients.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a ainsi conclu en 2010 que les risques des boissons énergisantes découlaient essentiellement de leur contenu en caféine et que c’était la consommation excessive et la consommation concomitante avec de l’alcool ou d’autres drogues qui pouvaient entraîner des effets néfastes pour la santé (INSPQ, 2010).

L’agence allemande de sécurité sanitaire (BfR) soulignait en 2008 que ces boissons n’étaient pas recommandées pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes sensibles aux effets de la caféine (dont les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires et de troubles psychiatriques).

Les risques liées à la consommation de caféine et d’alcool ont également été soulevés par la Food and Drug Administration (FDA) en 2010, dans des courriers publics adressés à plusieurs sociétés commercialisant des boissons  alcoolisées avec ajout de caféine.

Notis©2013


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