SAVOIR CONVERSER
Publication : 26 février, 2017 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Management | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Au sein de l’entreprise, en particulier, et dans la vie professionnelle, en général, il y a des moments où la conversation sort du cadre du travail et prend une tournure générale. Dans une telle situation, la prudence devient alors la règle et il convient de maîtriser non seulement ses paroles mais les sujets abordés.

Voici quelques dispositions à adopter et les sujets extra-professionnels  à éviter à tout prix.

Les dispositions à adoptées

Informez-vous. Prenez le temps de lire la dernière édition d’un ou deux quotidiens : votre aptitude à commenter l’actualité vous classera dans la catégorie des individus bien informés et meublera la conversation.

Veillez à ne pas afficher votre appartenance politique. Respectez également l’inculture possible de votre partenaire dans un domaine que vous connaissez bien; il n’est pas forcé de savoir ce qu’on donne à l’Opéra. Tout le monde a son «dada», et ne profitez pas trop du vôtre pour briller à bon compte.

Changer de sujet. Si vous êtes sur un terrain glissant, ce n’est pas le moment de défendre des convictions personnelles ou de ramener un égaré à votre point de vue. Dominez votre souci de l’exactitude et votre sens du mot juste qui vous font compléter et corriger détails et anecdotes de votre interlocuteur. Surtout, si vous «savez mieux», n’en montrez rien, vous y gagnerez toujours.

Situez votre interlocuteur. Essayez de situer votre interlocuteur socialement pour éviter des impairs. Témoignez de l’intérêt pour la vie que mène votre interlocuteur, sans toutefois aborder le sujet de sa vie privée. Si vous êtes en rendez-vous avec votre patron ou toute autre personne que vous estimez plus importante que vous, masquez votre timidité mais ne prenez pas d’initiative.

Respectez les règles de la conversation. Respectez les sujets de conversation abordés sans imposer les vôtres. Veillez à ne pas monopoliser la conversation et à ne pas parler exclusivement de ce qui vous intéresse. Si vous posez une question, attendez la réponse. Ne coupez pas la parole (quel que soit votre enthousiasme); en revanche, sachez la prendre et ne vous laissez pas submerger par un bavard.

Évoquez autrui avec discrétion. Soyez particulièrement prudent sur les commentaires que vous pouvez faire sur autrui. C’est un piège dans lequel il faut absolument veiller à ne pas tomber. Évitez le name-droping (littéralement : «faire pleuvoir les noms»). En revanche, renseignez-vous avant, si vous le pouvez, pour savoir si vous n’auriez pas un ami ou une relation commune; cela peut se révéler bien pratique, à condition toutefois d’éviter d’en faire le thème du déjeuner. N’apportez pas la contradiction, ni un soutien trop énergique à quelqu’un au détriment d’un tiers. Celui que vous aurez isolé dans une dialectique s’en souviendra toujours et vous aurez un ennemi professionnel de plus.

Respectez l’autre. Pas de flagornerie : rien de plus exaspérant qu’un vis-à-vis laudatif qui fait référence en permanence à vos talents; en revanche, sachez recevoir simplement un compliment sans le commenter ou en rajouter sur vous-même. Lorsque vous êtes plus de deux, adressez-vous le plus souvent possible au groupe et non à un seul en particulier. Si vous faites un aparté, veillez à ce qu’il ne se prolonge pas, quitte à y revenir par la suite.

Évitez de voler les «effets» des autres. Ne terminez jamais une phrase à leur place, et encore moins une histoire drôle! À propos, êtes-vous sûr qu’elle l’est vraiment? Et si vous ne savez pas bien la raconter, abstenez- vous. Dans un groupe, repérez les timides et essayez de les mettre à l’aise. Le nombre de budgets perdus parce qu’on n’a littéralement pas «vu» l’un des interlocuteurs est incalculable. Essayez de mesurer le degré d’intérêt que vous porte votre auditoire. Nous sommes tous capables de sentir s’il est authentique ou non. Si votre auditoire est gagné par l’ennui, ne vous enfoncez pas, écourtez!

Les sujets à éviter

La santé. Le «médical» est à la mode, et nous ferions bien de nous inspirer des Anglais qui font de leur pudeur nationale un rempart efficace. La description de la «gastro» a hélas remplacé la «crise de foie», plus discrète dans ses symptômes. On cachait soigneusement les pratiques addictives et depuis qu’on les expose à la télévision, on a droit aux récits des cures de désintoxication en tout genre, aux sevrages anti-tabac, anti-drogue, anti-cholestérol… Les tops challenges du régime basse calorie de la stagiaire intéressent plus que l’atteinte des objectifs commerciaux du service commercial…

L’argent. Transparence oui, étalage non.

La politique. L’entreprise n’a pas à vivre vos indignations et vos partis pris, ni même à entendre votre argumentation militante.

La psychologie. L’impudeur est totale, elle est même à la mode. Rappelez-vous que le coach de l’entreprise n’est pas là pour vous conseiller sur votre vie sexuelle et que les stages de formation ont pour objectif d’améliorer vos performances et non de voir exposer votre œdipe.

Les croyances. Si votre voyante vous jure que vous ne signerez plus de contrat et que l’informatique s’arrêtera brutalement à la nouvelle lune, n’en faites pas profiter vos collègues. Même pudeur, s’il vous plaît, concernant vos convictions religieuses.

La famille. Laissez de côté la carrière de votre mari, vos tentatives infructueuses d’insémination artificielle et les soucis que cause le petit dernier. Tout le monde s’en portera mieux.

Le sexe. Vos attirances (surtout si elles concernent des collègues!), vos «déviances», vos malheurs ou vos succès amoureux ne regardent personne.

Les romances professionnelles. Personne ne sera dupe si vous avez absolument besoin de votre assistante au congrès à Venise. Le pire serait encore de vous vanter d’avoir les «faveurs» de la directrice de la communication ou du patron. Gardez le secret jusqu’à ce que l’officialisation soit un choix de vie.

L’humour. Souvenez-vous qu’il vaut mieux renoncer à un bon mot que perdre un client. La «blague» est à éviter à moins d’avoir un vrai talent de conteur. Dans tous les cas, arborez un sourire poli et distant en changeant de sujet si la «blague» est déplacée. Si «votre» blague à vous tombe à l’eau, ne vous appesantissez pas!

Notis©2014

Sources : « Le savoir-vivre en entreprise » (édition Eyrolles), par Sophie de Menthon


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