LA FIN DE L’ETAT ISLAMIQUE EST-ELLE PROCHE ?
Publication : 28 septembre, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Fiscalité, Politique | Commentaire(s) (2 commentaires)

Le manque persistant de revenu financier serait la cause du malaise grandissant au sein des combattants et civils engagés aux coté de l’organisation djihadiste, «Etat islamique en Irak et au Levant» (EIIL ou ISIS). « Ils sont déçus et ont du ressentiment », selon un rapport de Business Insider.
Peau de chagrin

L’EIIL a fait des promesses à ses disciples avant d’asseoir son autorité dans le nord de l’Irak, notamment. Mais,  ces promesses sont jusqu’ici insatisfaites. Le groupe extrémiste, qui a engrangé environ 1,2 milliard $ en 2014, dépense en effet plus d’argent pour l’achat des armes que de répondre aux besoins élémentaires de ses 8 millions de disciples.
L’organisation djihadiste avait promis aider les plus pauvres, mais ses citoyens attendent encore des signes de progrès. Pis, le califat autoproclamé du groupe extrémiste a mis en œuvre des pratiques restrictives concernant, notamment, les femmes en milieu de travail, forçant des hordes de professionnels à fuir la région. Par conséquent, le groupe manque désespérément de personnel ayant des compétences de base, comme par exemple les médecins.
L’EIIL tire sa principale source de revenu des taxes imposées aux résidents. Avec tant de personnes fuyant le territoire pour l’Europe, les revenus fiscaux se réduisent comme une peau de chagrin. L’organisation dit avoir fait le recouvrement de plusieurs centaines de millions de dollars au titre l’exercice 2014, en retenant  jusqu’à 50% des salaires des travailleurs du gouvernement irakien. Restriction budgétaire oblige, le gouvernement irakien a réagi en cessant de payer les employés qui travaillent dans les zones contrôlées par l’Etat Islamique, causant ainsi une brèche énorme dans son chiffre d’affaires.
Exode massif

Le groupe prévoit de compenser ces pertes en imposant des taxes plus élevées sur les civils, qui ont déjà du mal à faire face aux charges quotidiennes.
L’ISIS a fait un chiffre d’affaires d’environ 100 millions de $ en 2014 à partir principalement de la vente de pétrole brut sur le marché noir. La baisse des prix du pétrole et les frappes aériennes sur les installations pétrolières ont fait de ce secteur une source de revenu beaucoup moins stable. Il est également à noter que de nombreux experts de l’industrie de l’énergie et d’autres professionnels ont fui les régions sous le contrôle de l’ISIS.

Syrian refugees
Cet exode coûte cher à l’organisation, qui a besoin d’environ 360 millions de dollars par an pour financer ses combattants. Avec des difficultés financières d’une telle envergure, l’on imagine mal comment ce groupe va réussir son projet d’expansion.
Toutefois, cette pénurie financière drastique  ne signifie pas nécessairement la fin proche de l’État islamique, selon un analyste averti de la politique internationale, Ben Bahney, qui a déclaré dans le magazine  Newsweek: « l’Etat Islamique a l’avantage de fonctionner un peu comme les règles fonctionnement de l’Etat Taliban d’Afghanistan, dans les années 1990. En effet, c’est une organisation dont l’existence tient principalement de l’implantation de « sa » version de la règle de droit, plus que des briques et mortiers ».

Notis©2015


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