LA RÉPRESSION DES ONG DE DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME
Publication : 27 août, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Droit humanitaire, Politique | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les organisations des droits de l’homme et leurs alliés sont confrontés à la plus dure répression jamais vue dans l’histoire. Près de la moitié des Etats dans le monde ont mis en place un système de contrôle et de répression qui affecte l’activité humanitaire des dizaines de milliers d’organisations.

Au cours des trois dernières années, plus de 60 pays ont adopté des lois liberticides restreignant l’activité des organisations non gouvernementales et la société civile. Quatre-vingt-six pays ont pris des mesures pour empêcher les ONG de s’exprimer sur les graves dérives politiques.

Dans un article paru sur son site officiel, le Carnegie Endowment, une Fondation pour la paix internationale qui existe depuis 1909, dénonce « les nouvelles lois qui se propagent comme des feux de brousse». En vertu de ces textes législatifs, « les groupes internationaux d’aides humanitaires et leurs partenaires locaux sont vilipendés, harcelés, bâillonnés, frappés de fermeture et parfois expulsés», ajoute le communiqué.

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James Savage, d’Amnesty International, a déclaré: « Cette vague mondiale de restrictions se propage avec une rapidité et  une ampleur que nous n’avons pas jamais vu. C’est le signe d’un changement radical. Les espaces réservés aux droits fondamentaux se ferment les uns après les autres. Il y a de nouveaux textes de loi presque chaque semaine – sur le financement étranger, les restrictions à la constitution et la vie associative. Il s’agit de dispositions anti-protestation, anti-contestation, visant à bâillonner les libertés fondamentales. Ce mouvement restrictif va sans doute s’intensifier dans les deux à trois prochaines années.»

Parmi les pays qui ont récemment réprimé l’activité des ONG et la société civile on peut citer:

• L’Inde

Le gouvernement de l’Inde a jeté l’opprobre sur l’ONG environnementale « Greenpeace » en la qualifiant de groupe « antinational ». S’en est suivi, le blocage de ses comptes bancaires, l’expulsion des travailleurs étrangers et interdiction de voyager à l’étranger infligée au personnel local. Les licences de plus de 13.000 organisations non gouvernementales œuvrant dans l’humanitaire ont été retirées pour motif de violation présumée de la loi sur le financement international.

• La Chine

En vertu d’une nouvelle loi, les ONG devront se faire enregistrer auprès de la police et obtenir l’autorisation de mener des activités. En outre, elles devront soumettre leurs plans et budgets annuels d’activité à une unité de surveillance.

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• La Russie

Les ONG internationales que le gouvernement Russe trouve «indésirables» peuvent être fermées. En Juillet 2015, le National Endowment, une organisation luttant pour la démocratie à travers le monde, est devenue la première organisation à être interdite en vertu de la nouvelle loi.

• Égypte

La nouvelle législation sur la suppression des « entités terroristes » pourrait englober les droits humains et les organisations de la société civile. En Egypte, les ONG sont désormais soumises à un régime d’autorisation gouvernementale.

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• L’Ouganda

Un conseil d’administration nommé par le gouvernement aura le pouvoir de rejeter ou de dissoudre les ONG et les organisations de la société civile. Les peines sévères – y compris l’emprisonnement – attendent les personnes qui enfreindront une loi promulguée en Avril 2015.

• Le Cambodge

Une nouvelle loi exige l’enregistrement et les rapports annuels qui doivent être déposés auprès du gouvernement. Une ONG peut être dissoute si ses activités « compromettent la paix, la stabilité et l’ordre public ou nuisent à la sécurité nationale, l’unité nationale, la culture et les traditions de la société cambodgienne ».

Tom Carothers, du Carnegie Endowment, a déclaré: « Les pays dits démocratiques qui ont été les moteurs de cette [répression] continue à montrer la voie – et les petits pays suivent leur exemple. »

Outre les mesures restrictives formelles (lois, règlements, circulaires, décrets), les gouvernements utilisent des mesures informelles – harcèlement, intimidation, diabolisation, charges bureaucratiques- afin de réprimer encore plus violemment des organisations qui les empêchent d’asphyxier le peuple et la planète.

Notis©2015

Illustration : répression de la « Gay Pride Parade » dans le centre-ville  d’Istanbul, Turquie, le 28 juin 2015. (Crédit: REUTERS/Kemal Aslan)

 


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