LA DETTE GRECQUE POUR LES NULS
Publication : 5 juillet, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

La question de savoir comment sauver la Grèce est pour les membres de l’Union européenne un cauchemar récurrent qui dure depuis plus de cinq ans. Avec le refus catégorique manifesté le 05 juillet 2015 par les citoyens grecs sur les termes de l’accord de renflouement international, la crise de la dette grecque pourrait susciter l’instabilité au sein des États de la région, voire se propager dans le reste du monde.

Faillite ou défaut de paiement ?

Lorsque les emprunteurs – qu’ils soient des États, des entreprises ou des particuliers – ne paient pas leurs dettes à temps, ils sont en défaut de paiement. Pour des raisons pratiques, la Grèce n’a pas respecté sa volonté de rembourser avant le 30 juin 2015 sa dette d’environ 1,5 milliards d’euros, soit 1,7 milliards de dollars, au FMI. La Grèce a donc fait défaut. Cependant, pour des raisons diplomatiques le FMI a omis d’employer ce terme relativement au dossier grecque.

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Reste que le défaut de paiement d’un État est un événement qui peut avoir des répercussions graves non seulement pour l’économie du pays, mais aussi dans ses relations avec d’autres nations. En effet, le défaut de remboursement des dettes publique peut perturber les marchés financiers, être une source d’incertitude pour les autres prêteurs et freiner l’activité économique.

Comment la crise a affecté le système financier mondial?

L’Europe est une union dans laquelle les pouvoirs réels sur les questions délicates comme l’argent et les migrants incombent aux 28 gouvernements des Etats membres, chacun étant redevable de ses électeurs et contribuables.

Cette tension consécutive au partage des pouvoirs a augmenté en acuité depuis le lancement de l’euro, qui lie maintenant 19 nations dans une zone de monnaie unique sous la surveillance de la Banque centrale européenne. Cependant, la politique budgétaire et fiscale est du ressort de chaque pays, en vertu d’une directive en date de janvier 1999. Cet arrangement a été critiqué par certains économistes qui y ont vu une grosse faille dans le système de la monnaie unique.

Depuis l’émergence de la crise de la dette Grèce en 2010, la plupart des banques internationales et les investisseurs étrangers ont vendu leurs obligations et autres actifs grecques, de sorte qu’ils ne sont plus concernés par ce qui se passe en Grèce. (Certains investisseurs privés qui ont ensuite réinvestis dans des obligations grecques, en pariant sur un retour, regrettent cette décision.)

Par ailleurs, les autres pays en crise dans la zone euro, comme le Portugal, l’Irlande et l’Espagne ont pris des mesures pour réformer leurs économies et sont beaucoup moins vulnérables à la contagion du marché qu’ils ne l’étaient il y a quelques années.

Quelle est la situation des banques en Grèce?

Les banques grecques sont solvables sur le papier, mais les prêts sont pratiquement au point mort. Elles ne sont pas en mesure de jouer le rôle qu’elles devraient jouer dans le financement de l’économie nationale et internationale.

Une semaine avant le référendum, la Banque centrale européenne a couronné sa ligne de crédit d’urgence pour les banques grecques à hauteur de 89 milliards €. La plupart, sinon la totalité de cet argent a été rapidement utilisé pour couvrir les retraits des clients. Par conséquent, il n’existe pratiquement pas d’argent disponible pour de nouveaux prêts. Les banques ont été fermées pour au moins une semaine, à l’exception des distributeurs automatiques affectés aux pensions des retraités.

Rappelons qu’après l’effondrement de son système bancaire en 2013, il a fallu plus de deux ans au gouvernement chypriote pour supprimer complètement les restrictions sur les transferts bancaires. C’est dire le long chemin désertique qui attend la Grèce.

Notis©2015


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