« PRECARISATION » DU MONDE DU TRAVAIL
Publication : 10 juin, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : R.H. | Commentaire(s) (3 commentaires)

Dans son rapport annuel intitulé « Emplois, questions sociales dans le monde », le bureau de l’Organisation internationale du travail a constaté que les trois quarts des employés dans le monde sont soumis à des contrats temporaires ou à court terme. Il s’agirait de travailleurs indépendants, travaillant de manière informelle, souvent sans contrat et dans un cadre familiale non assorti de contrepartie financière. Selon l’agence de l’ONU, la rareté des emplois sûrs risque de « perpétuer le cercle vicieux » qui empoisonne l’économie de nombreux pays depuis le début de la crise qui dure depuis 2008. L’OIT a mis en évidence une augmentation de l’emploi à temps partiel, en particulier chez les femmes et les jeunes des pays en développement. Bien que certains travailleurs se félicitent de la flexibilité des emplois à temps partiel, cette précarité de l’emploi alimente la pauvreté et accroit les inégalités.

Seulement 1/4  des emplois sont sécurisés

« Dans certains cas, les formes atypiques (précaires) du travail peuvent aider les gens à faire leurs premiers pas dans le marché du travail. Mais cette émergence des contrats atypiques est également le reflet de l’insécurité généralisée qui touche de nombreux travailleurs dans le monde d’aujourd’hui », a déclaré le Directeur général du BIT, Guy Ryder. « Cette évolution vers les formes atypiques de l’emploi est, dans de nombreux cas, liée à la montée des inégalité et la pauvreté dans de nombreux pays», a ajouté Ryder. «Qui plus est, cette tendance risque de perpétuer le cercle vicieux du chômage et la lente création d’emplois qui caractérise le malaise de l’économie mondiale », a-t-il dit.

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L’auteur principal du rapport, Raymond Torres, a noté que dans les pays en développement l’emploi salarié a progressé à un rythme plus lent qu’avant le début de la crise, tandis que dans les pays économiquement plus avancées la création d’emplois n’a pas été significative, à quelques exceptions près, comme au Royaume-Uni et en Allemagne.

Les emplois « sûrs » en déclin

Les signes du déclin de la sécurité de l’emploi dans les pays à revenu élevé étaient perceptibles dès le début de la crise financière. Il également été constaté  une augmentation de l’auto-emploi, des travailleurs sans contrat et ceux qui ont été poussés au travail à temps partiel. «La rémunération des personnes travaillant sous ces types de contrat ont fortement baissé », a constaté le  directeur du département de recherche de l’OIT.

Le rapport a établi un lien entre l’insécurité généralisée au travail et l’augmentation des inégalités de revenus dans de nombreux pays : « L’écart de revenu entre les travailleurs permanents et non permanents a augmenté au cours de la dernière décennie, » peut-on lire.

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L’OIT exhorte les employeurs et autorités publiques à étendre la protection sociale, comme les pensions retraites et allocations de chômage, aux personnes travaillant dans les formes d’emploi les moins sûres. Seulement 16% des travailleurs autonomes dans le monde bénéficient du régime de retraite, comparativement à 52% des employés permanents (engagés sous contrat ç durée indéterminée). « Nous devons protéger toutes les formes d’emploi, nous intéresser aux 75 % d’emplois informels, un peu négligés, et ne pas accepter la précarisation massive, véritable trappe à pauvreté », a insisté Raymond Torres.

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Le Chili, la Chine et le Brésil sont les (bons) exemples de pays qui ont étendu la protection sociale aux travailleurs « indépendants » ou informels. Ces pays émergents font partie du cercle restreint des pays qui ont le plus crée d’emplois pendant ces dix dernières années. C’est la preuve que l’extension de la couverture sociale n’est pas un frein à la politique du plein emploi.

Notis©2015

 


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