LA DIFFICILE TRANSITION DES PAYS EN DEVELOPPEMENT
Publication : 14 juin, 2015 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

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Les pays en développement sont toujours confrontés aux réalités qui minent leur économie, à savoir la hausse des charges de la dette publique, alors qu’ils, doivent, en sus, s’adapter à un nouvel environnement, caractérisé par le faible niveau des prix du pétrole et d’autres produits de base essentiels. Il en résulte une croissance économique décevante pour la quatrième année consécutive. Dans leurs «Perspectives économiques mondiales »,  les experts du «Groupe de la Banque mondiale», estiment, en conséquence, que la croissance des pays en développement atteindra 4,4 % en 2015, 5,2 % en 2016 et 5,4 % en 2017.

Contexte difficile

« Moteur de la croissance mondiale après la crise financière, les pays en développement sont confrontés aujourd’hui à un contexte économique plus difficile », constate Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. « Nous mettrons tout en œuvre pour aider les pays à revenu faible ou intermédiaire à accroître leurs efforts de sorte qu’ils puissent gérer cette transition de façon aussi sûre que possible. Nous pensons que les pays qui investissent dans l’éducation et la santé de leurs citoyens, qui améliorent le cadre de l’activité économique et créent des emplois en améliorant les infrastructures se trouveront en bien meilleure position dans les années à venir. Ces d’investissement aideront des centaines de millions de personnes à échapper à la pauvreté ».

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La hausse attendue des taux d’intérêt américains accroîtra le coût des emprunts des pays émergents et en développement dans les mois à venir. Ce processus devrait toutefois se dérouler de façon relativement ordonnée grâce à la poursuite de la reprise économique américaine et à la persistance de la faiblesse des taux d’intérêt dans les autres grandes économies de la planète.

Selon les auteurs du rapport, cette perspective comporte cependant d’importants risques. De même que l’annonce initiale de la normalisation de la politique monétaire des États-Unis a créé des perturbations sur les marchés financiers en 2013, le premier relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale des États-Unis depuis la crise financière mondiale pourrait engendrer de l’instabilité sur les marchés et réduire les flux de capitaux en direction des pays émergents dans une proportion pouvant aller jusqu’à 1,8 point de PIB.

Relèvement négatif

« Le possible relèvement des taux d’intérêt américains est la principale ombre qui plane sur l’économie des pays pauvres », estime Kaushik Basu, vice-président de la Banque mondiale. « Un tel phénomène pourrait freiner les flux de capitaux et alourdir les charges d’emprunt. La présente édition des Perspectives économiques mondiales analyse de façon exhaustive les conséquences potentielles d’un relèvement des taux américains sur les pays en développement ».

Une hausse des taux pénaliserait principalement les marchés émergents les plus vulnérables dont les perspectives de croissance se détériorent. Un ralentissement des mouvements de capitaux aggraverait les défis auxquels sont confrontés les pays émergents exportateurs de produits de base, qui peinent déjà à s’adapter à la faiblesse persistante des cours, et compliquerait aussi la tâche des pays où l’incertitude pèse sur l’action publique.

« À moins qu’ils aient adopté des politiques prudentes pour consolider leur situation budgétaire et leur position extérieure, les pays émergents risquent de rencontrer des difficultés considérables lorsqu’il faudra faire face aux turbulences et autres répercussions susceptibles d’être provoquées par un resserrement de la politique monétaire de la Fed », commente Ayhan Kose, directeur du Groupe d’étude sur les perspectives de développement à la Banque mondiale.

Incertitudes

La baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base stratégiques a accentué le fléchissement de l’activité économique des pays en développement, dont un grand nombre sont fortement tributaires des exportations de ce type de produits. Certes, les importateurs de produits de base tirent profit du ralentissement de l’inflation, de l’atténuation des pressions en matière de dépenses budgétaires et de la réduction des coûts d’importation, mais le recul des prix pétroliers tarde à stimuler l’activité économique en raison des problèmes auxquels de nombreux pays continuent de se heurter : pénuries d’électricité, manque d’infrastructures essentielles, notamment dans le domaine des transports et de l’irrigation ; incertitude politique ; inondations et sécheresses d’une gravité exceptionnelle dues à des conditions climatiques défavorables.

Selon une analyse contenue dans le rapport, les pays à faible revenu, dont un grand nombre sont dépendants des exportations et des investissements dans le secteur des matières premières, sont vulnérables dans l’environnement actuel. La perspective d’une faiblesse persistante des prix de ces produits pourrait persuader les responsables de l’action publique d’investir leurs ressources dans une moindre mesure dans les métaux et les minéraux et davantage en faveur d’autres priorités économiques nationales susceptibles de stimuler la croissance. Un tel scénario accroît d’autant l’importance de politiques visant à mettre en place des mécanismes à même de faciliter la transition et les réformes à l’appui de la croissance de secteurs autres que celui des ressources naturelles.

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