«AVOIR TOUJOURS RAISON…C’EST UN GRAND TORT !»
Publication : 6 mai, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Management | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Pages : 1 2

C’est le grand drame de la médecine moderne : malgré leur habileté, des chirurgiens entraînent la mort par pure négligence ou simple oubli. Dans la finance, la même attitude a plongé une grande partie du monde dans une dépression économique sans précédent. Sur le plan politique, des rapports de renseignement élaborés à la va-vite sont la cause principale de la tergiversation et l’impuissance des décideurs face aux nouveaux défis du monde. L’incompétence flagrante et massive -à tous les niveaux- résulte d’un système d’éducation « qui n’apprend pas aux gens à penser et se comporter d’une manière qui soit utile dans la vie active», disent certains experts. Leurs points de vue pourraient nous aider -quel que soit notre statut social et niveau d’intelligence – à poser des actes « un peu moins bêtes ».

1. Reconnaître nos « angles morts »

Le syndrome de la «supériorité illusoire» consiste à s’autoproclamer intelligent sur la base des bonnes notes contenues dans un bulletin ou des bonnes réponses à « questions pour un champion ». Il est dangereux de prendre appui sur ces genres de preuves (et épreuves) pour étayer un point de vue. Nier qu’une faille puisse se glisser dans la pensée est un signe de « myopie intellectuelle ». Les préjugés assombrissent l’esprit, nous installent dans la « partialité » et mènent à la catastrophe !

2. Rester humble

« Avoir toujours raison…C’est un grand tort » (Edition Plon), a écrit l’ancien premier ministre français, Edgar Faure. Avant lui, le poète Anglais, Alexander Pope a dit : « Un homme ne doit jamais avoir honte de reconnaitre qu’il a eu tort ». Pour les psychologues contemporains, ce genre de pensée est un trait de la personnalité, connu sous le nom de « ouverture d’esprit ». En effet, c’est l’ouverture d’esprit qui nous permet, dans une situation d’incertitude, de changer de jugement, rapidement et volontiers, sur la base de nouvelles preuves. Etonnamment, c’est un trait que certaines personnes trouvent difficile à cultiver. Mais, ces moments d’auto-déflation porte souvent leurs fruits à long terme.

L’humilité intellectuelle intervient sous plusieurs formes – mais son cœur réside dans la capacité de s’interroger sur les limites de nos connaissances. Sur quelles hypothèses pourrai-je baser ma décision? Comment sont-elles vérifiables? Quelles informations supplémentaires faut-il pour obtenir un point de vue plus équilibré? Ai-je procédé à la bonne comparaison?… Ces étapes élémentaires de réflexion réduisent considérablement l’ombre de l’ignorance dans lequel tombent trop souvent les professionnels de l’information, comme les agents de renseignements généraux.

3. Argumenter contre soi-même

Si « l’auto-dévalorisation » n’est pas votre point fort, il ya une stratégie simple pour dégonfler la bulle des préjugés: choisir le point de vue exactement inverse avant d’entreprendre une argumentation contre les convictions personnelles. Cette « introspection » peut percer l’abcès des préjugés les plus résilients – tels que l’excès de confiance et «l’ancrage» – qui poussent à épouser le premier élément de preuve qui flotte dans la tête. Une tactique similaire, mais distincte, consiste à se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre et imaginer son point de vue. Cela pourrait être particulièrement utile, surtout lorsqu’il s’agit de problèmes personnels. Comme le disait le roi Salomon dans la Bible, « nous sommes souvent beaucoup plus sage pour conseiller les autres que lorsqu’il s’agit de questions qui nous concernent personnellement. »

4. Imaginer le pire

Nos dirigeants manquent de flexibilité intellectuelle par ce qu’ils sont tous issus d’un système scolaire et éducatif qui privilégie la mémorisation par cœur. De nombreux enseignants ne s’entraînent pas et n’entraine toujours pas les élèves à la souplesse de la créativité qui caractérise la vie réelle. Une façon de développer ces compétences pourrait être de re-imaginer les événements clés qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Par exemple, des étudiants en histoire pourraient écrire un essai sur «Comment serait le monde, si l’Allemagne avait gagné la Seconde Guerre mondiale?» ou «Qu’est-ce qui serait arrivé si la Grande-Bretagne avait définitivement aboli la monarchie au 17ème siècle? », ou encore « Que serait devenus les pays africains, si l’esclavage et la colonisation n’avaient pas existé ? ».

Si l’histoire n’est pas votre truc, songez à écrire une histoire qui commencerait par : « Le jour où le président a démissionné » ou « Le jour où ma femme a disparu ». Cela peut sembler fantaisiste, mais ces points de (nouveau) départ obligent à considérer les différentes éventualités et à formuler des hypothèses. Affiner ce genre de  » pensée contrefactuelle » permet d’élargir l’état d’esprit de façon à ne pas être surpris par l’inattendu.

5. Ne pas sous-estimer

Pages : 1 2


Étiquettes : , , ,