Les enfants du tourisme sexuel
Publication : 12 mars, 2015 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Droit humanitaire | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Chaque année, des millions de personnes traversent les frontières internationales pour faire du tourisme sexuel. Ces voyages sont entrepris principalement par des hommes et femmes originaires des pays développés à destination des pays en développement, dans le but de satisfaire leurs bas instincts. Les touristes sexuels se rendent souvent dans les pays à faibles structures économiques et sociales où les enfants et les femmes extrêmement vulnérables sont pris au piège de l’exploitation sexuelle. Les touristes sexuels ciblent de façon disproportionnée les enfants et leur infligent des cicatrices physiques et émotionnelles d’une extrême gravité.

La citée des Anges
Tous les week-ends, les nombreux bars situés sur le site portuaire de la ville de Balibago refusent du monde. Les jeunes femmes saluent les hommes et les invitent dans ces lieux qui bordent la rue. Connu comme le «supermarché du sexe », le quartier à néon rouge des Philippines est rapidement devenu une destination privilégiée pour le tourisme sexuel. Les voyageurs venus d’Asie, Australie, États-Unis, Europe et Moyen-Orient constituent l’essentiel des arrivées à l’aéroport de Clark, une ancienne base aérienne militaire américaine. De là, ils n’ont qu’à faire quelques pas pour accéder aux bars et clubs privés où travaillent des laissés-pour-compte.
Avoir droit à ces prestations pour la nuit, est une démarche simple. Pour une somme modique, les hommes obtiennent ce qu’il est convenu d’appeler «une acceptation anticipée d’offre de services » avant d’amener la femme de leur choix à leur hôtel.

La citée de la prostitution
Dans les Philippines -comme dans la majeure partie des pays pauvres- la prostitution est interdite et largement tolérée. Il y aurait là-bas, plus d’un demi-million de travailleurs du sexe, dont près d’un cinquième seraient des mineurs. Selon un ancien ambassadeur américain aux Philippines, 40% des visiteurs de la péninsule sont des touristes sexuels.

Bien qu’illégale dans ce pays à prédominance catholique, la prostitution générerait 400 millions de dollar chaque année dont une partie irait dans la caisse de l’Etat.
Mais quand les touristes sexuels partent de la « citée des Anges », ils laissent souvent derrière eux plus que de l’argent. En effet, un grand nombre d’enfants ont été conçus dans ces échanges de l’ombre. Certains ressortissants étrangers, qui sont une minorité, apportent des soutiens financiers plus où moins réguliers à la mère de leur rejeton et, dans certains cas, finissent même par l’épouser. Mais, ils sont une majorité, ces enfants nés du tourisme sexuel qui ne rencontreront jamais leur père biologique et vivront dans une pauvreté permanente et définitive.

Notis©2015


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