Le bilan catastrophique d’internet
Publication : 22 février, 2015 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Divers | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Il y a 25 ans, les pionniers d’internet ont dit que leur « bébé » allait (re)donner le pouvoir au peuple. Puis, des évangélistes du numérique ont ajouté : « Voilà la solution à tous nos problèmes. Internet donnera à chacun une part égale des richesses de la vie. Pour la première fois dans l’histoire, n’importe qui pourra s’exprimer, produire et acheter tout ce qu’il veut (…) ». Mais aujourd’hui, alors que la moitié de la population mondiale est connectée à internet, toutes ces promesses se sont évaporées. Le rêve est devenu un cauchemar, dans lequel il y a plus de victimes que de bénéficiaires.

La fracture

Plutôt que de promouvoir l’équité économique, internet a contribué à creuser le fossé devenu incommensurable entre riches et pauvres. Il a manifestement contribué à l’affaiblissement du pouvoir d’achat des classes moyennes.

Au lieu de générer plus d’emplois, il a favorisé le chômage. Au lieu de créer plus de concurrence, il a créé de nouveaux monopoles et renforcé  le pouvoir léonin des grands groupes sur le l’économie mondiale.

Plutôt que de créer la transparence et l’ouverture, les géants d’internet collectent secrètement des informations et nous épient sans relâche. Parce que les nouveaux téléviseurs sont connectés à Internet, ils peuvent nous regarder, nous écouter, puis diffuser ces informations à travers le monde pour que les entreprises les utilisent à des fins commerciales.

La violence

Au lieu de créer plus de démocratie, Internet a uniformisé la pensée populaire dans un seul et même moule. On ne cite plus les nombreux cas d’intimidations, suicides, meurtres et violences de tous genres perpétrés par le biais des médias sociaux. Car, plutôt que d’encourager la tolérance, Internet a déclenché une guerre de mauvais goût contre, notamment, les femmes que beaucoup ne considèrent pas bienvenus en ligne. Plusieurs utilisatrices de médias sociaux ont reçu des menaces de viole ou de mort. Des milliers de femmes préfèrent masquer leur identité sexuelle en ligne pour échapper à cette violence misogyne.

Internet a également déclenché un flux apparemment imparable de matériaux sexuels « hardcore ». Plus d’un demi-million d’images pornographiques sont affichés sur Twitter chaque jour. La pornographie est tellement omniprésente sur internet que de nombreux parents se sentent -à juste titre- impuissants face au grave danger qui guette leurs enfants.

Quand les gens ne cherchent pas à observer en ligne d’autres personnes sans vêtements, ils cherchent à regarder leur propre sex tape (pornos fait maison). C’est qu’au lieu de favoriser une renaissance intellectuelle, le web a créé une culture de voyeurisme et de narcissisme symbolisée par les sex tapes et Selfies. Loin de nous rendre heureux, il provoque une effusion de frustration, de colère et de repli sur soi.

L’échec

L’Internet a perdu le sens de l’objectif commun, la décence générale, peut-être même son âme.

Il y a 25 ans, Tim Berners-Lee n’imaginait certainement pas que sa création «social» pour aider les gens à travailler ensemble plus facilement allait être utilisée de manière aussi cynique, à la fois par des entreprises privées et les gouvernements. Au lieu de créer plus de transparence, nous vivons dans des dispositifs qui rendent visible l’invisible. Le rêve d’une économie de partage a laissé place à une économie d’égoïsme. Les médias sociaux sont, en fait, antisociaux. Finalement le succès d’Internet est un énorme échec humanitaire.

Notis©2015


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