La Déclaration universelle des droits de l’homme
Publication : 10 décembre, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Droit humanitaire, Politique | Commentaire(s) (Un commentaire)

Le 10 décembre 1948 était signé un acte censé tourner une page désastreuse de l’humanité : la Déclaration universelle des droits de l’homme. Malheureusement,  les principes fondamentaux défendus par cette grande réalisation sont encore bafoués à travers le monde. Mais, face à cette montée en puissance  du radicalisme de tous bords, il s’avère nécessaire, pour la survie de l’humanité, de mieux faire connaître cet acte fondamental. Car, malgré son âge et ses imperfections, la Déclaration universelle des droits de l’homme reste la référence absolue dans le domaine des droits humains.

Un texte universel

Fondement d’un monde nouveau, la Déclaration de 1948 s’inspire de textes fondateurs rédigés bien avant le XXème siècle. On peut citer la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique adoptée le 4 juillet 1776 et les Déclarations des Droits de l’homme et du citoyen établies en France en 1789 et 1793. Ces textes ont contribué au développement d’un droit officiel qui protège les populations et fixe les devoirs de l’homme vivant en société.

Mais la Déclaration de 1948 se veut plus ambitieuse: elle s’applique à tous les « êtres humains » et à tous les pays. C’est aussi la première fois qu’un texte juridique se fonde sur le respect de l’individu et présente en même temps et sur le même plan, de manière indivisible, les droits collectifs – économiques, sociaux et culturels – et individuels – civils et politiques.

Un texte symbolique

La Déclaration universelle est avant tout symbolique : on rappelle ce qui existe et doit être respecté, mais on ne peut obliger les Etats à appliquer ces droits. Même si 48 Etats adoptent la Déclaration en 1948, celle-ci n’a pas de force juridique obligatoire. Pour rendre son contenu plus précis et contraignant, des conventions sont créées à partir du texte de 1948. Ces traités signés et ratifiés par les Etats peuvent engager des sanctions en cas de violation. Mais l’idée d’un ordre international de paix et de justice se réalise difficilement. Par conséquent, les violations des droits de l’homme se poursuivent et l’universalité de la Déclaration est contestée parce qu’elle s’oppose aux coutumes et législations de certaines cultures.

Un texte de références

Malgré ces contradictions, la Déclaration de 1948 a fixé les principes fondamentaux du droit international aujourd’hui appliqués par la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour pénale internationale. La Déclaration universelle est également à la base de nombreuses constitutions nationales et continue d’inspirer de nombreux textes législatifs.

La dignité : Dans le prolongement du préambule de la Déclaration universelle de 1948 qui proclame que « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde », la référence à la dignité revient comme un leitmotiv dans les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.

Il faut toutefois être conscient des inconvénients d’un recours extensif à la notion de dignité, notion floue dont l’utilisation reste empreinte d’une grande part de subjectivité lorsqu’il s’agit d’apprécier les atteintes qui lui sont portées. Les controverses autour de l’euthanasie montrent bien comment un principe réputé absolu peut faire l’objet d’interprétations contradictoires : revendiquée par les uns au nom du droit pour chacun de mettre fin à sa propre vie lorsqu’il ne la juge plus digne d’être vécue, elle est récusée par les autres comme la suprême atteinte à la dignité humaine. Le risque existe donc qu’au nom d’une certaine conception de la dignité – qui n’est pas nécessairement partagée par tous – on décide de protéger l’individu contre lui-même, remettant ainsi en cause la liberté de chacun de disposer de soi.

La liberté d’expression : Dans la suite de l’article 18 sur la liberté de pensée l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme le droit de tout individu de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les idées et les informations par quelque moyen d’expression que ce soit.

Il s’agit d’un droit inaliénable quelle que soit notre race, notre origine, notre confession ou notre appartenance politique. Il nous garantit la libre expression au-delà des frontières et à travers tout support de communication sans être inquiété par qui que ce soit.

Le droit de répandre et de recevoir librement des idées permet par exemple à une minorité qui estime être brimée dans son pays, de faire entendre sa cause à un maximum de personnes.

Le nouvel outil de communication et d’information contribue à réduire de façon très significative la censure des pouvoirs, les barrières et autres obstacles à la communication. Les nouvelles évolutions du « web social » élargissent encore les possibilités de communication. Outre les classiques forums et correspondances par mail ou par chat, chaque personne peut créer en quelques clics son propre site, s’exprimer sur des blogs ou partager des sons et images pour dénoncer les persécutions dont elle est victime. Ainsi, grâce à Internet, les opposants aux dictatures peuvent librement exprimer leur programme politique et facilement divulguer les abus des régimes totalitaires. De l’extérieur, ils peuvent contourner tous les moyens de contrôle des dirigeants de leur pays et communiquer des informations à leurs compatriotes.

Les droits économiques et sociaux : L’ajout des droits économiques, sociaux et culturels lors de la Déclaration universelle de 1948 est une grande avancée. En effet comment vivre comme un être humain, sans un revenu,  un logement, un travail décent, sans possibilité de se soigner ou de vivre une vie de famille normale ?

Trop souvent, les droits culturels, comme le droit à l’instruction et à la formation, sont oubliés. La culture est un moyen de comprendre la société, elle permet au citoyen de jouer un rôle dans son fonctionnement, la culture est un moyen d’être reconnu comme un être de pensée, doué de conscience, ou encore un moyen de lutter contre l’exclusion et les discriminations.

Notis©2014


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