La rentabilité économique de la prévention
Publication : 25 septembre, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les mesures de prévention des risques professionnels sont souvent perçues  comme un obstacle à l’efficacité économique, d’autant plus difficile à supporter en temps de crise. Pourtant, des actions en santé et sécurité peuvent contribuer à sa performance économique et devenir un argument pour la prévention. Gain de temps, qualité optimisée, nouveaux marchés et gain de productivité, sont autant de bénéfices constatés par les entreprises qui se sont engagées dans des actions concrètes. Plusieurs études menées sur le terrain ont mis en évidence le rôle économique de la prévention des risques dans la vie d’une entreprise, y compris les TPE.

Le retour sur investissement

Premier constat: dans la grande majorité des cas étudiés, l’impact de l’action de prévention réalisée s’est avéré positif. Pour gommer les disparités de valeurs (les enjeux allant de 100 € à 600000 €), c’est le gain sur les coûts qui a été retenu. Ainsi, en consolidant les bilans des 101 actions étudiées, l’étude révèle un rendement global de 2,19, ce qui signifie concrètement que, pour 100 euros engagés dans une action de prévention, les gains économiques ont été de 219 euros.

De plus, les gains observés se situent sur des axes essentiels de l’efficacité opérationnelle comme la productivité (le travail en sécurité s’accompagnant d’une plus grande efficacité des temps passés), la marge (13% des actions ont permis de développer le chiffre d’affaires et la marge de l’entreprise) ou les achats avec une utilisation plus maîtrisée des ressources génératrices de gains sur ce poste.

L’excellence opérationnelle

Second constat : les gains observés dans l’étude sont situés sur des axes majeurs de l’excellence opérationnelle de l’entreprise :

La productivité : le travail en sécurité s’accompagne d’une plus grande efficacité des temps passés.

Les achats : une utilisation plus maîtrisée des ressources permet d’enregistrer des gains sur ce poste clé.

La qualité : 80% des actions étudiées sont en relation avec des gains liés à la qualité, même si ceux-ci n’ont pas toujours pu être chiffrés.

La marge : 13% des actions étudiées ont permis de développer le CA et la marge de l’entreprise, en ouvrant la porte à des activités connexes permises par l’action considérée.

Ces gains, les entreprises rencontrées les ont ensuite réaffectés essentiellement pour recruter (43% d’entre elles), pour investir et, enfin, pour maintenir leur marge et leur compétitivité face à l’augmentation générale des coûts.

La prévention pour tous

Balayant une autre idée reçue, les résultats de l’étude prouvent que la prévention est à la portée de tous. En effet, sur l’ensemble des actions analysées, 24 représentent des dépenses de moins de 5000 €. Ce sont, en outre, celles présentant les meilleurs rendements (supérieurs à 20), tout comme celles liées aux changements de produits et de méthodes. Les TPE auraient donc, selon le rapport, tout à y gagner, d’autant que dans l’échantillon étudié, ce sont elles qui bénéficient d’un rendement supérieur à trois.

Enfin, la trésorerie reste épargnée puisqu’il faut en moyenne 1,5 an pour que la dépense soit couverte par les gains. Un délai relativement court qui permet d’engager des dépenses sans peser longtemps sur une trésorerie sensible en temps de crise, comme le souligne l’étude.

Notis©2014

Sources : Towards a global culture of prevention


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