L’e-cigarette trace son sillon
Publication : 27 août, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Economie, Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les ventes mondiales de cigarettes électroniques s’élèvent actuellement à quelque 3 milliards de dollars par an contre 2 milliards en 2012 et pourrait, selon certains spécialistes, atteindre 10 milliards d’ici à 2017. Cela ne représente toutefois encore qu’une infime fraction du marché de la cigarette, qui est évalué entre 600 à 700 milliards de dollars par an, mais est, lui, sur le déclin. Selon le cabinet Euromonitor international, les ventes mondiales de cigarettes se sont ainsi repliées de 4% en 2013 et restent avant tout tirées par la Chine.

Marché en ébullition

À l’heure actuelle, quelque 400 marques se partagent le marché en pleine croissance de la cigarette électronique, développant des systèmes de vapotage ou des agents de saveur. Les grands groupes du secteur, pour la plupart américains, ont ces derniers mois manifesté un intérêt croissant pour ce nouveau marché en développant leurs propres produits et à coups d’opérations de rachat. Imperial Tobacco Group (Gauloises, Fortuna), leader aux États-Unis avec 40% de parts de marché, a ainsi racheté la marque d’e-cigarette Blu à son rival Lorillard en juillet dans le cadre de l’acquisition de ce dernier par Reynolds (Camel, Pall Mall) pour 27,4 milliards de dollars. Selon Lorillard, les ventes de Blu au premier trimestre ont atteint 88 millions de dollars.

De son côté, Reynolds American, filiale de Reynolds, a commencé à étendre la commercialisation de sa cigarette électronique VUSE aux États-Unis après des tests concluants en 2013. Cette marque est à présent disponible dans quelque 21 000 magasins dans le pays.

Altria, maison-mère notamment de Phillip Morris (Marlboro), commercialise, elle, sa e-cigarette MarkTen dans 60 000 points de vente aux États-Unis et envisage d’étendre sa présence sur le marché avec le récent rachat de la marque de cigarette électronique Green Smoke.

La branche internationale de Japan Tobacco a, elle, fait ses premiers pas sur le marché en rachetant en juin la marque E-lite, déjà populaire en Grande-Bretagne.

Face à ces grands groupes, la marque NJOY, fondée par une startup californienne, continue de tracer son sillon aux États-Unis en misant sur une habile stratégie marketing.

Mise en garde de l’OMS

Dans un document publié le 26 août 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé d’interdire la vente de cigarettes électroniques aux mineurs, estimant que leur consommation pose de « graves menaces » pour les adolescents.

Les experts ont également souligné le danger pour les fœtus et se sont prononcés pour une interdiction de leur consommation dans les espaces publics fermés « surtout là où il est interdit de fumer, du moins jusqu’à ce qu’il soit prouvé que la valeur exhalée n’est pas dangereuse pour les personnes alentour (…) Les données existantes montrent que l’aérosol produit par les inhalateurs de nicotine », dont les cigarettes électroniques sont le prototype le plus fréquemment utilisé, « n’est pas de la simple “vapeur d’eau”  comme le prétendent souvent les stratégies de marketing de ces produits », a affirmé l’OMS.

D’après les experts, ces preuves sont suffisantes pour mettre en garde les « enfants, adolescents, femmes enceintes et femmes en âge de procréer contre l’utilisation d’inhalateurs électroniques de nicotine parce que l’exposition du fœtus et de l’adolescent à cette substance a des conséquences à long terme sur le développement du cerveau ».

Notis©2014


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