L’Allemagne pleure son « millionnaire fou »
Publication : 23 août, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie, Management | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

L’Allemagne est en deuil après la mort de Klaus Zapf -un magnat excentrique- qui adorait le socialisme plus que le capitalisme qui l’a rendu extrêmement riche. M. Zapf, qui est décédé le 20 août 2014, à l’âge de 62 ans, lors de son troisième voyage de noces, a fait fortune dans le secteur du déménagement. Ses camionnettes jaunes et bleues sont constantes dans les rues de Berlin, chargeant et déchargeant les marchandises au-delà des frontières de l’Allemagne. Mais il fuyait les signes extérieurs de richesse. Il méprisait l’ostentation et vivait dans un modeste appartement qu’il louait à moins de 300 euros par mois.

La statue de Lénine

Il aimait Berlin mais il n’était pas natif de Berlin. Klaus Emil Heinrich Zapf s’est installé près de cette ville, en pleine guerre froide, au début des années 1970, parce qu’il ne voulait pas être appelé à l’armée. Il se mit à étudier mollement le droit et se consacra assidument à l’étude de la publicité. Pour financer ses ambitions juridiques, il acheta une vieille camionnette pour sous-traiter avec les sociétés qui monopolisaient déménagement dans toute l’Allemagne de l’Est. Il ne pouvait pas et ne savait pas conduire un véhicule, mais trouva des personnes pour exécuter le « dur travail» de déplacer les meubles.

Finalement c’est auprès des particuliers que son entreprise connu le succès. Selon lui, cet engouement immédiat était dû à l’impression que produisaient ses trois premiers noms qui lui ont donné « un statut qu’il n’avait pas ».

Très vite son service de déménagement «alternative» est devenu la norme. Il a acheté plus de camionnettes, déplacé dans les squatters appartenant à des médecins, des avocats et tous les corps solvables de la nation.

L’esprit de masse

«Zapf Déménagement – détenu par les salariés », disait-il. « L’esprit se déplace en masse » peut-on lire sur le logo que portent ses camionnettes. Les salaires étaient fixés et distribués dans le plus pur style socialiste. Il se considérait, lui-même, comme un simple salarié -parmi les 600 employés- payé à moins de 250 euros par mois.

Habillé comme un beatnik -poète américain des années 1960- (beat-génération), avec une longue barbe (à la ZZTop) et des lunettes noires cerclées, il n’était pas rare de voir Klaus Emil Heinrich Zapf dans les rues de la ville pendant la nuit ramasser des bouteilles de bière dans des poubelles pour les revendre à la consignation.

«Je n’ai pas besoin d’argent. C’est une source d’inégalité», at-il dit dans une interview parue en 2013, malgré son sens aigu des affaires. «Il y a tellement de couillons qui ont de l’argent que je n’aimerais pas être le suivant », a-t-il ajouté.

Notis©2014

Illustration : DPA/PA


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