Ebola : la lueur d’espoir
Publication : 21 août, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Droit humanitaire, Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Deux missionnaires américains, le Dr Kent Brantly et le Dr Nancy Writebol, infectés par le virus Ebola au Libéria, ont été admis au « Emory University Hospital » à Atlanta (USA). Ils y ont reçu le premier traitement expérimental contre la maladie, le ZMapp. Les résultats semblent concluants, puisque tous les deux sont sortis de l’hôpital où ils furent admis une semaine plutôt. Un représentant de cet hôpital a affirmé que les deux médecins ne présentent plus de signe du virus Ebola. L’Agence de la santé publique du Canada a annoncé, le 30 août 2014, que 18 macaques infectés par le virus ont survécu à la maladie, grâce à ce même médicament. Plus de 3 050 personnes ont été infectées par le virus depuis le début de l’année, et plus de la moitié en sont mortes, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Mais ZMapp n’est pas un traitement homologué; en fait, aucun traitement médical digne de ce nom n’existe encore. Par conséquent, la course contre la montre pour trouver un moyen d’arrêter le virus reste d’actualité. En attendant une solution définitive, voici ce qu’on peut dire de ZMapp, en l’état actuel des connaissances scientifiques actuelles

1. Brantly et Writebol sont-ils guéris?

Pour que les patients du virus Ebola quittent l’isolement dans lequel on les avait placés, deux analyses de sang soldées par des résultats négatifs au virus sont nécessaires. Ce sont ces analyses qui disent si les fluides corporels des patients, comme le sang, la sueur et les selles, ne sont plus contagieux.

« Nancy est exempte de virus, mais les effets persistants de la bataille l’ont laissée dans un état considérablement affaibli », a déclaré le mari de Writebol, David Writebol, dans un communiqué.

Certains médecins de l’OMS pensent que le virus peut rester dans les sécrétions vaginales et le sperme pendant plusieurs mois. Le Dr Bruce Ribner, un spécialiste des maladies infectieuses à l’Emory, a déclaré qu’il n’existe aucune preuve que le virus Ebola se transmette de cette façon.

2. Les rescapés d’Ebola sont-ils immunisés contre le virus?

Les scientifiques ont constaté que les personnes qui survivent à Ebola ont des anticorps dans le sang qui assureraient une protection contre cette souche du virus dans l’avenir, voire contre d’autres souches de virus. Mais, aucun teste d’infestation volontaire sur les survivants à la maladie n’a encore été réalisé.

3. ZMapp est-il efficace?

Le médicament contre Ebola a été transporté en Espagne pour être administré à un prêtre, le Père Miguel Pajares, qui avait contracté le virus au Libéria. Pajares est décédé le 12 août. On ne sait pas si on lui a administré le médicament avant sa mort.

ZMapp a été également administré à trois agents du corps médical libérien. Ils ont montré « des signes très positifs de reprise », a déclaré le ministère libérien de la Santé, le 19 août. Les professionnels de la santé qui traitent ces patients ont parlé de progrès «remarquables».

4 Comment fonctionne ZMapp?

Les anticorps sont des protéines utilisées par le système immunitaire pour marquer et détruire les cellules étrangères et/ ou nuisibles. Un anticorps monoclonal a des fonctions similaires, sauf qu’il est conçu dans un laboratoire pour  se focaliser sur des parties spécifiques d’une cellule dangereuse. Les anticorps monoclonaux sont utilisés pour traiter de nombreux types d’infections.

Le médicament administré à Brantly et Writebol est constitué d’un anticorps monoclonal de trois souris, ce qui signifie que les souris ont été exposées à des fragments du virus Ebola, puis les anticorps générés dans le sang des souris ont été récoltés pour créer ZMapp.

5. Existe-t-il d’autres traitements contre le virus Ebola?

Plusieurs médicaments expérimentaux sont en cours, mais aucun n’a été efficace chez l’homme. Il faut dire que le marché des médicaments est clairsemé. Ebola est une maladie rare, presque entièrement limitée aux pays pauvres – Dès lors on comprend pourquoi le financement du développement de médicaments contre cette maladie est encore en pointillé.

Notis©2014


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