Le savoir-vivre numérique
Publication : 12 juillet, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Management, NTIC, R.H. | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les bonnes manières sont rarement remarquées. En revanche, les mauvaises peuvent ternir à jamais une réputation longuement et durement acquise. L’ère numérique a créé de nouvelles règles de savoir-vivre qu’il faut absolument savoir, si on tient à faire bonne impression auprès d’un client, de des collègues ou tout simplement être à l’aise dans la nouvelle société. Cette société a développé de nouveaux codes qui sont une source d’angoisses supplémentaires pour le citoyen lambda.

Le brouillage

Pour certains spécialistes du comportement numérique, devenus les nouveau sociologues, l’enjeu est d’appliquer les principes de base de toute vie communautaire: le respect, la gentillesse et la politesse. En effet, les réseaux sociaux posent des problèmes particuliers d’étiquette qui tendent à réduire le domaine « réservé » à la vie privé. Par exemple, si des utilisateurs postent un message annonçant un décès, une naissance ou des fiançailles avant que les proches n’en soient informés, cela crée des tensions dans les familles. Même si la vie privée est censée être protégée sur internet, un message peut être capté et renvoyé par quelqu’un d’autre.

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On ne peut plus contrôler un message une fois qu’il est posté. Il faudrait donc traiter tous les messages sur les réseaux sociaux comme s’ils étaient publics. Par conséquent, il ne faut pas hésiter à préciser ou justifier une position. Stephen Petrow, auteur de plusieurs ouvrages sur le savoir-vivre, a fait l’observation suivante sur le «J’aime» que l’on peut cliquer à l’annonce d’une nouvelle triste. «En fait, cela veut dire que vous avez pris connaissance de la nouvelle(…) Cela peut se faire, mais je crois qu’il faut ajouter un message pour clarifier ce que vous voulez dire».

Les maladresses

Les médias sociaux sont souvent utilisés pour rompre, annoncer une nouvelle relation, ce qui peut totalement surprendre l’une des parties. Il vaut mieux donc prendre son temps, en discuter avec l’autre personne concernée, avant de balancer la nouvelle à la face du monde.

Il peut arriver qu’un supérieur (ou subalterne) hiérarchique demande à rentrer dans votre giron « d’amis ». Il est conseillé de se tenir à l’écart de tels invitations, afin d’éviter d’éventuels confusions qui pourrait déboucher sur des conflits. Les employés ne doivent pas ignorer la requête, mais doivent proposer par exemple à la place une connexion au réseau professionnel LinkedIn.

Les nouvelles technologies peuvent ternir les relations familières. Il faut donc savoir se déconnecter. En effet, les gadgets électroniques détournent notre attention des personnes avec qui nous nous trouvons. Et la plupart des gens le savent instinctivement mais le font sciemment.

Des maladresses des messages sociaux peuvent se transformées en cauchemars pour les communicants de grandes firmes. La compagnie aérienne néerlandaise KLM a ainsi soulevé la colère des Mexicains après avoir diffusé le message suivant : «Adios Amigos» (Adieu les Amis) après la défaite du Mexique face aux Pays-Bas lors du Mondial de football 2014. La compagnie a présenté ses excuses, supprimé ledit message, mais le mal était fait.

L’Emily Post Institute, qui enseigne depuis plus d’un demi-siècle les bonnes manières, appréhende l’ère du numérique dans une perspective historique: « Toutes les générations ont pensé que le savoir-vivre se perdait. Quand le téléphone est entré dans les maisons, on pensait que cela allait détruire la vie de famille, et cela n’a pas été le cas », du moins pour l’instant.

Notis©2014


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