Le pourboire
Publication : 1 juin, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Fiscalité, R.H. | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne pour la remercier de la qualité du service qu’elle vous a rendu. Le terme pourboire vient d’ailleurs d’une expression utilisée autrefois lorsqu’on donnait une récompense à quelqu’un pour le remercier : «Tenez, pour boire à ma santé !». Le pourboire n’est pas seulement un geste de gratitude, il peut être considéré, dans certaines circonstances, comme un complément de salaire. En effet, il existe des secteurs d’activité où les salaires sont peu élevés et même inférieurs aux autres professions. Le pourboire permet donc de compléter le revenu des employés. C’est dans ces conditions que le montant du pourboire doit faire l’objet d’une déclaration fiscale au même titre que les salaires. Cette déclaration incombe soit à l’employeur, soit à l’employeur par le biais d’une retenue à la source.

Les secteurs à pourboire

Pour le métier de serveur ou garçon de café ou bar où le salaire est inférieur à ce qui est pratiqué dans d’autres domaines, les pourboires sont très courants. Sachez cependant que votre note comprend le service qui est évalué à 15 %. Il doit être inclus obligatoirement dans le montant de la note ou de la facture. Les prix affichés doivent être ceux à payer effectivement par le client (donc service inclus). La mention «service inclus» est d’ailleurs obligatoire sur les cartes et additions. Mais rien ne vous empêche de donner plus si vous êtes satisfait.

En France, l’un des rares pays qui dispose d’une réglementation en la matière, le montant du pourboire moyen est de 5 à 10 % du montant de l’addition. Le code du travail Français (article L. 3244-1) oblige les employeurs à reverser les pourboires et le pourcentage de service inclus dans la note à leurs salariés. Ainsi « dans tous les établissements commerciaux où existe la pratique du pourboire, toutes les perceptions faites pour le service par l’employeur sous forme de pourcentage obligatoirement ajouté aux notes des clients ou autrement, ainsi que toutes sommes remises volontairement par les clients pour le service entre les mains de l’employeur, ou centralisées par lui, sont intégralement versées au personnel en contact avec la clientèle et à qui celle-ci avait coutume de les remettre directement ».

D’autres professions sont encore alimentées par les pourboires :

• dans les salons de coiffure, il est aussi d’usage de laisser une pièce à la shampouineuse et au coiffeur qui vous a coiffé. Le montant de ce pourboire dépend beaucoup du prix et selon qu’il s’agit d’un petit salon de quartier ou d’un très grand coiffeur.

• Les chauffeurs de taxi reçoivent souvent un pourboire notamment s’ils viennent vous ouvrir la portière ou s’ils s’occupent de vos valises. Il est d’usage d’arrondir la note au chiffre supérieur et de leur laisser la monnaie. Le pourboire moyen varie selon le statut du client. Un diplomate ou homme d’affaire pressé de se rendre à l’aéroport peut se montrer particulièrement généreux.

• Les livreurs se voient parfois gratifiés d’un pourboire notamment quand ils rendent un service supplémentaire, par exemple étage élevé sans ascenseur.

• Dans l’hôtellerie également, les grooms, femmes de chambre, bagagistes reçoivent régulièrement des pourboires. Ils sont souvent donnés pour remercier un employé qui vous a rendu un service particulier qui ne faisait pas partie de sa tâche ou que vous avez trouvé particulièrement aimable.

• Les guides touristiques. Leur pourboire est généralement déterminé selon la durée de la visite et la qualité du service. Sachez que dans des pays pauvres, très souvent, les guides ne reçoivent pas de salaire autre que les pourboires.

En revanche, dans certaines professions, le pourboire tend à disparaître en raison de la disparition même de ces métiers. Par exemple, les pompistes, ouvreuses de cinéma… Les voituriers étaient, à une époque, souvent exclusivement payés grâce aux pourboires. Aujourd’hui les établissements doivent leur faire un contrat de travail et leur verser un salaire. C’est pourquoi, ils vous font payer directement le service. Le pourboire reste à votre discrétion. Les ouvreurs (euses) au théâtre sont les employés qui vous placent dans la salle de spectacle. Même s’ils sont de plus en plus rares, il en existait autrefois au cinéma, il est d’usage de leur laisser une ou deux pièce de monnaie.

Les pourboires à travers le monde

Dans la plupart des pays européens le pourboire est laissé à la discrétion du client dans les restaurants, les hôtels et les taxis.

Il existe cependant quelques particularités.

• Par exemple, en Allemagne, on ne laisse pas le pourboire sur la table mais on le donne directement au serveur.

• En Grande-Bretagne et en Irlande, les serveurs perçoivent des salaires si bas que tous les clients ajoutent à leur règlement 10 à 15 % du montant de l’addition. Ceci est valable dans les restaurants mais jamais dans les pubs, où il n’y a pas de service en salle, les clients se servant directement au bar.

• En Hongrie, les serveurs, chauffeurs, pompistes et même les dentistes et médecins sont habituellement gratifiés d’un billet. Ne laissez pas d’argent sur la table ou au comptoir, prévenez la personne intéressée que vous lui réservez un peu de monnaie.

Les pourboires dans le reste du monde

En dehors de l’Europe, dans certains pays le pourboire est incontournable, dans d’autres il n’existe quasiment pas :

• En Amérique du nord, le pourboire est en général obligatoire au restaurant vu qu’il n’est pas compris. Il convient donc de laisser 10 à 15 % selon la qualité du service. Un pourboire est aussi donné aux coiffeurs, personnel d’hôtel, taxis, livreurs. Au Mexique, la propina est un pourboire de 15 % imposé dans les cafés et les restaurants, et pour tout service rendu. Il n’est en revanche pas obligatoire pour les taxis.

• Dans la plupart des pays d’Afrique -où les salaires sont en général particulièrement bas pour une majorité écrasante de travailleurs- il est d’usage de donner un pourboire aux serveurs dans les cafés, les restaurants, les bars ainsi qu’aux chauffeurs de taxi et toute une masse de jeune laissés-pour-compte prête à se sacrifier pour peu.

• En Russie, le pourboire s’appelle « na chaï » ce qui signifie «pour le thé». C’est une pratique courante mais il n’est pas obligatoire de laisser quelque chose aux serveurs, au personnel hôtelier et à toute personne ayant rendu service.

• Dans de nombreux pays d’Asie, le pourboire est rare, voire inexistant. À Singapour, les pourboires sont interdits dans les aéroports et déconseillés au restaurant et à l’hôtel. Au Japon, le pourboire peut être mal interprété et peut même offenser les Japonais qui ne veulent pas donner l’impression qu’ils font l’aumône. En Chine, après avoir été longtemps interdites, les gratifications en argent sont un peu plus répandues de nos jours, surtout dans les lieux touristiques. En Inde, les garçons de restaurants, porteurs, guides et chauffeurs reçoivent en général un pourboire. Mais c’est surtout le bakchich qui est utilisé, afin d’être servi plus rapidement au restaurant, pour obtenir une meilleure place dans le bus, ou faire accélérer les formalités.

Notis©2014

Sources : Les pourboires dans le monde


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