Le sourire au travail est une arme à double tranchant
Publication : 31 mai, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : R.H. | Commentaire(s) (Un commentaire)

Si les yeux constituent le miroir de l’âme, un simple sourire peut révéler beaucoup plus sur une personne. Selon les experts en langage corporel le moindre sourire peut changer la façon dont une personne est perçue. Les experts en ressources humaines mettent eux aussi l’accent sur la force du sourire. Dans un système d’évaluation qui prend en compte le travail réalisé mais aussi la manière dont il est fait, le sourire est une arme redoutable. Un salarié qui sourit envoie le message qu’il est heureux au travail, qu’il aime son entreprise, ce qu’il fait. Toutefois, il est scientifiquement avéré que forcer le sourire peut avoir des effets dévastateurs.

Dans la vie professionnelle moderne, nous sommes des chiffres, des produits et le salarié qui veut progresser ne doit pas l’oublier. Au-delà des compétences, le critère primordial pour être bien vu et bien noté c’est l’apparence. Il ne suffit pas d’être bon voire d’être le meilleur, il faut savoir se mettre en avant, rendre visible le travail qui a été fait. On aime bien les salariés qui entrent dans le moule de l’entreprise, qui adhère à ses valeurs. Il ne faut pas prendre au pied de la lettre les discours qui disent « Prenez des initiatives, sortez du cadre ». Le salarié doit être méfiant car bien souvent s’il le fait, on lui reproche de ne pas respecter les procédures, de ne pas être en accord avec les valeurs de l’entreprise. Le lien de subordination définit la relation de travail, qui a une nature autoritaire. Remettre en cause son chef, les décisions stratégiques, ce n’est jamais très bien vu, surtout si c’est fait en public. Les critiques pour être acceptées doivent être faites en privé et avec de la diplomatie. C’est pourquoi l sourire est la meilleure arme pour se faire accepter par ses collègues et « booster » sa carrière.

Il existerait six types de sourires que l’on peut regrouper en deux grandes catégories. Il y a d’abord les « sourires orientés vers soi », qui ne cherchent pas à envoyer des signaux à l’autre. Parmi eux : le « sourire Duchenne », du nom d’un neurologue français  qui avait conclu qu’un vrai sourire de bonheur était formé par les muscles de la bouche mais également à partir de ceux des yeux, est sain et vrai. Le « sourire séducteur ou dragueur » est fait par une personne faussement timide qui regarde l’autre, du coin de l’œil, la tête tournée. Enfin, le « sourire amusé »  nous fait renverser la tête en arrière lorsque l’on réagit à une bonne blague. Plus altruistes, les « sourires sociaux » cherchent à créer du lien. Le « sourire amoureux » nous fait le regard doux et pencher la tête sur le côté, tandis que le « sourire intéressé », sourcils levés, nous fait à peine bouger les lèvres. Pour finir, le « sourire embarrassé » mal à l’aise, nous fait baisser le regard, et parfois même la tête.

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Une étude a révélé que les personnes se sentant influentes au travail tendent à mimer le sourire de ceux qu’elles considèrent comme leurs inférieurs hiérarchiques. Cependant, lorsqu’elles se trouvent en présence de leurs supérieurs, elles sont moins susceptibles de rendre un sourire. Les auteurs de cette étude, parue dans the Academy of managment Journal,  ont montré que faire un effort pour paraître de bonne humeur sur les lieux de travail a des conséquences négatives sur la psyché, la santé t la productivité de l’individu. Chercher à dissimuler ses états d’âme derrière un masque de bonne humeur n’est donc pas nécessairement la bonne stratégie. Cette enquête menée auprès de conducteurs de bus montre que ceux qui se contraignent à être aimables voient leur humeur peu à peu se détériorer en même temps qu’ils tendent à se désinvestir de leur tâche. Les employés qui expriment leurs vrais sentiments jouissent d’une meilleure santé, ont un sentiment de réalisation personnelle plus fort et sont plus attachés à leur travail.

Toutes les émotions ont un rôle fonctionnel. Elles servent à optimiser le bien-être du corps, à le réguler. Un salarié qui nie ses émotions s’expose à les voir s’exprimer d’une autre façon : insomnie, mal de dos, manque de concentration… Comme un sportif, un salarié doit être à l’écoute de son corps et agir pour remédier à ce qui le perturbe.

Notis©2014


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