Lenovo : la percée fulgurante d’un innovateur ambitieux
Publication : 27 mai, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie, NTIC | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

 «Lenovo est la meilleure compagnie au monde; elle est la première à avoir réussi à concilier innovation et efficacité», a déclaré Yang Yuanqing, le Président-Directeur-Générai  du fabricant chinois d’ordinateurs. Ces propos peuvent sembler arrogants, mais ils renferment une part de vérité. En effet, les résultats comptables témoignent de l’efficacité impitoyable d’une firme qui, grâce à la maîtrise des coûts, accapare des parts substantielles du marché de ses grands rivaux occidentaux. Lenovo a récemment « croqué » HP, devenant ainsi le premier fabricant d’ordinateurs de bureau dans le monde entier. Inexistant il ya quelques années sur le marché mondial du Smartphone, le nouveau géant chinois s’y implante silencieusement mais surement.

Une santé financière de fer

Lenovo a réussi son expansion tout en gardant une bonne santé financière. Le 21 mai 2014, ses dirigeants ont annoncé ses résultats annuels (l’exercice comptable et fiscal commence à la fin de mars) à Hong Kong où il opère depuis 1994. Les documents de synthèse font apparaitre des revenus 14% plus élevés que l’année précédente, estimés à 38,7 milliards de dollars. Pour la première fois, les bénéfices bruts (avant impôts) ont dépassé 1 milliard de dollars, en hausse de 27 % par rapport à l’exercice précédent. Au 31 mars 2014, l’entreprise avait une trésorerie de 3,5 milliards de dollars. Avec les 1.5 milliard de dollars qui s’y sont ajoutés à la fin du mois d’avril 2014, elle a  pu procéder à sa première émission obligataire.

Une stratégie claire

Ces nouvelles donneront sans doute satisfaction aux actionnaires occidentaux qui, il y a peu, se posaient des questions sur la stratégie de l’entreprise. La bonne gouvernance et la mise en place d’une stratégie de croissance claire par l’équipe de M. Yang expliquent ce succès, au demeurant, prévisible. Les inquiétudes des actionnaires de Lenovo est montée de plusieurs crans, lorsque la direction de l’entreprise a annoncé deux acquisitions étonnantes en l’espace de quelques jours. La première affaire, d’un montant de 2,3 milliards de dollars, concernait l’achat par Lenovo des serveurs de basse gamme de la marque IBM. L’autre opération, encore plus controversée, d’un montant de $ 2,9 milliards, concernait l’achat à Google de  Motorola Mobility, un pionnier dans les téléphones mobiles qui traversait des temps difficiles.

Une frénésie d’achat

La taille, la soudaineté de ces achats et les préoccupations concernant les risques de pertes ont bouleversé même les investisseurs les plus fidèles. Pressé de défendre sa frénésie d’achat, M. Yang promet d’autres acquisitions encore plus importantes dans un avenir proche. Mais il défend aussi la capacité de l’entreprise à faire face aux intempéries. «Nous avons un bon bilan et une trésorerie forte», a-t-il dit. Il a également rappelé  la première grande incursion de Lenovo à l’étranger, quand il a fallu acheter la branche de fabrication de PC d’IBM en 2005. Beaucoup doutaient qu’une entreprise obscure, qui plus est chinoise, puisse sauver une marque de haute de gamme de l’Ouest en difficulté. C’est précisément ce que Lenovo a fait. Et Lenovo est peut-être la seule entreprise chinoise à ce jour à avoir développé des compétences en marketing de classe mondiale. Tant et si bien que « l’ancienne division PC de la marque « Big Blue» est maintenant une vache à lait » a déclaré M. Yang, avec un large sourire.

L’innovation

La performance financière de l’entreprise est impressionnante, mais deux grandes questions assombrissent l’avenir de Lenovo. Tout d’abord, comment peut-il continuer à faire de l’argent alors que la demande de PC connait une forte régression? Deuxièmement, comment peut-il faire face à la redoutable concurrence de Samsung et Apple dans le secteur des smartphones ? La réponse à ces deux questions, selon de M. Yang, se résume à un seul terme: l’innovation.

La plupart des experts de ce secteur d’industrie pensent qu’avec la révolution mobile les ordinateurs de bureau et les ordinateurs portables sont voués à la poubelle de l’histoire. M. Yang, lui, n’est pas de cet avis : «C’est un secteur où il y aura encore de la croissance. Notre entreprise travail sur l’innovation : la durée de vie de la batterie, les modèles plus minces, plus légers, de meilleurs écrans tactiles et ainsi de suite.

Notis©014

Pour aller plus loin consulter : China’s Competitiveness : case of Lenovo


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