Le marché florissant de la cyber-prostitution
Publication : 6 mai, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Economie, NTIC | Commentaire(s) (Un commentaire)

«Vente en ligne», «locations diverses en ligne», « rencontres rapides», «Escort girl»… les sites du web se dissimulent derrière diverses appellations pour éviter toute connotation ayant un rapport avec le sexe. Dans un espace qui frise la clandestinité, des activités qui alimentent le marché du sexe prospèrent en toute tranquillité. C’est pour cette raison, entre autres, que les lois réprimant l’incitation à la prostitution sont difficilement applicables à cette  nouvelle jungle.

Le bouleversement des mœurs

Le Web a bouleversé de nombreux secteurs de l’industrie, transformant la façon dont les gens vendent et achètent. Le commerce du sexe n’échappe pas à ce séisme. Leurs annonces affichées en ligne, les « filles d’escorte » trouvent des clients sans jamais avoir à quitter leur maison ou marcher dans les rues. La méthode est aussi facile et séduisante qu’un guichet automatique : vous postez une annonce et votre téléphone sonne dans les secondes qui suivent.

Le grand apport d’’Internet au commerce du sexe réside dans l’anonymat. En effet, avec internet n’importe qui peut faire pratiquement n’importe quoi sans que ses proches le sachent.  Comme,  vendre des biens volés ou regarder des vidéos pornos. Cela est aussi vrai pour les gens d’escortes que pour les clients

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L’intérêt partagé

Mademoiselle XM connait une vie confortable depuis qu’elle offre ses services en ligne : « les recettes ont augmenté de 100%. Je pense que cela est dû au fait que les cyber-clients sont généralement plus riches que certains clients classiques que nous croisons dans la rue ou dans une voiture. Dorénavant je ne me cantonne pas à un seul endroit ; grâce internet, j’arrive à travailler partout. J’ai récemment passé la fête de Noël au service d’un informaticien-programmateur qui m’a payé l’équivalent d’un mois de recette. Une autre fois, c’est un autre mec qui travaille dans la finance qui m’a fait voyager en première classe. Puis il est venu me chercher en limousine…», dit-elle. Mademoiselle XM n’est pas la seule à avoir abandonné la vieille façon d’exercer la profession. Tenter une recherche rapide sur E-Bay, Yahoo! et Amazon (les trois majors de la vente sur internet) et vous découvririez des prostituées qui enchérissent leurs prestations, sous la rubrique «service d’escorte».

Les acheteurs en ligne sont également de grands fans de la cyber-prostitution. L’un d’eux raconte: « Tout d’abord, vous voyez ce que vous allez acheter, ce qui est la clé de toute l’affaire. Beaucoup de filles mettent leurs photos sur les sites. Alors que lorsque vous abordez quelqu’un dans la rue, vous n’avez pas le temps de bien l’observer. C’est sombre, et on distingue mal l’état des dents, les cicatrices de césariennes, les marques sur la peau… Mais sur eBay, l’acheteur voit réellement ce qu’il veut. Souvent, elles sont nues …Cela montre la véritable puissance et le potentiel illimité d’Internet ».

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La flambée des chiffres

Bien que personne n’ait encore mesuré exactement l’impact d’Internet sur l’augmentation du nombre des professionnels du sexe, il est certain que nombreux sont les prostitué(e)s qui n’envisagent aucunement de travailler dans la rue. Selon une enquête sur la cyber-prostitution dans les grandes villes occidentales : « L’Internet a augmenté le marché du sexe en faisant appel à des femmes qui ne seraient pas entrées dans ce marché sans Internet ». Les motifs généralement avancés tournent autour de la perte de revenus ou l’augmentation des dépenses qu’il faut nécessairement couvrir. «Au début, vous le faites pour gagner de l’argent juste pour des dettes alimentaires. Puis, vous finissez par êtes accroc à l’argent et à la drogue », raconte une ex-escorteuse convertie dans la lingerie.

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Les femmes ne sont pas les seules à profiter du boom du sexe en ligne. En effet, plusieurs sites ne cachent pas que les petites annonces pour adultes constituent environ un tiers du chiffre d’affaires total de leur activité sociale. Certains sites se sont spécialisés dans cette nouvelle vague de prostituées en leur donnant une « orientation professionnelle et carriériste »

Les hauts risques

Beaucoup d’escorteuses en ligne ont signalé des incidents parfois très violents. Près de la moitié  des filles interrogées ont avoué avoir été forcées par un client à faire quelque chose qu’elles ne voulaient pas faire. Presque autant ont affirmé avoir été menacées ou battues.

La nouvelle technologie permet de gagner plus avec une facilité déconcertante. Mais, en contrebalancement, le Web pousse certaines personnes à prendre des risques qu’elles n’auraient jamais imaginés. Certes, internet semble avoir marginalisé les proxénètes qui sont devenus moins indispensables dans le circuit, mais les escortes girls sont aussi marginalisés que jamais et tout aussi vulnérables. La police intervient rarement lorsqu’elles sont en danger. Les agents de police prennent d’ailleurs rarement leurs disparitions au sérieux. En ce qui concerne les autorités publiques, elles sont encore plus démunies : leurs lois et règlements se brisent contre le mur du numérique.

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La grande puissance de l’Internet est la démocratisation et la responsabilisation, et ces victimes de meurtre sont parmi les plus vulnérables et les sans voix de la société. Beaucoup sont nés dans la pauvreté et les foyers brisés. Beaucoup ont été maltraités dans leur enfance. Peu sont diplômés des hautes études. D’autres étaient des toxicomanes, et beaucoup étaient des mères célibataires. L’Internet a rendu plus facile l’accès à la prostitution, rendant le processus de vente du sexe plus efficace: Pas besoin d’un proxénète ou un bordel, une simple connexion Internet et une travailleuse du sexe devient une femme d’affaires. Mais parce que ces femmes sont seules en ligne, souvent ce processus peut s’avérer extrêmement dangereux.

Notis©2014


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