L’espoir « déçu » de la démocratie multiraciale
Publication : 27 avril, 2014 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Politique | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les élections en date du 27 avril 1994, les premières jamais ouvertes aux Noirs, «sont le moment dont nous sommes le plus fiers, en tant que Sud-Africains», a déclaré Monsieur Frederik Willem de Klerk, dernier président du régime d’apartheid, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’avènement de la démocratie multiraciale dans son pays.  «Nous avons étonné le monde entier en réussissant à surmonter des siècles d’amertume, de conflits, de répression et de division», a-t-il ajouté celui qui partagea le prix Nobel de la paix avec Nelson Mandela pour avoir négocié la transition démocratique.

Politique agressive

M. de Klerk a relevé que l’économie sud-africaine avait progressé de façon spectaculaire depuis 20 ans, que la pauvreté avait été réduite et qu’«une classe moyenne noire vigoureuse et sûre d’elle-même» avait émergé. Mais l’homme qui avait fait sortir de prison Nelson Mandela a aussi vivement attaqué l’ANC, au pouvoir sans discontinuer depuis 1994. Pour l’ancien chef de l’État l’ANC mène «une politique de plus en plus agressive de discrimination raciale». La loi qui favorise la promotion des Sud-Africains noirs dans l’économie, sur le marché du travail et au capital des entreprises, dit-il, «conduit à une situation où l’avenir de nos citoyens est de plus en plus déterminé par la couleur de leur peau, et non plus par leurs capacités». Cependant, vingt ans après la chute de l’apartheid, l’essentiel de l’économie nationale est encore entre les mains de dirigeants et de propriétaires blancs.

Institutions gangrenées

Par ailleurs, M. de Klerk a dénoncé des institutions publiques «réquisitionnées pour promouvoir des intérêts politiques partisans. Des gens sont nommés à des postes clés, non en raison de leurs qualifications, de leur expérience et de leur impartialité, comme le veut la Constitution, mais en raison de leurs accointances politiques (…) Et ceci est allé de pair avec une corruption rampante grandissante, jusqu’au plus haut niveau de l’État». Cette dernière dénonciation est une allusion à peine voilée, au scandale de la rénovation de la résidence privée du président Jacob Gedleyihlekisa Zuma.

À quelques jours des élections législatives du 7 mai, l’opposition et une partie de la presse font en effet leurs choux gras d’un récent rapport de la médiatrice de la République, qui a attesté que l’État avait dépensé l’équivalent d’environ 23 millions de dollars pour rénover la propriété du président, sous couvert de travaux de sécurité.

Notis©2014

Illustration : Mrs de Klerk et Mandela, le 02 mai 1990, l’ors des négociations qui allaient aboutir aux démantèlements de l’apartheid et la branche armée de l’ANC  (Photo Walter dhladhla)


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