LE SYNDROME DU « CŒUR BRISÉ »
Publication : 4 mars, 2014 > par Mary Mazur | Catégorie(s) : Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Les effets dévastateurs de la fin d’une histoire d’amour imprègnent la culture populaire, à travers la littérature, le cinéma et la presse des faits divers. Des scientifiques se sont eux-aussi penchés sur la question. Le résultat de leurs études successives montre que les conséquences de la perte de l’être cher ne se limitent pas à l’augmentation du risque de dépression et d’anxiété, mais peuvent aussi  affaiblir les défenses de l’organisme contre plusieurs maladies graves (insuffisance cardiaque, AVC, cancer…). Ce phénomène, que les médecins appellent le «syndrome du cœur brisé» explique pourquoi beaucoup de veuves et veufs meurent dans les quelques mois qui suivent la disparition de leur conjoint.

Effets nocifs du Cortisol

La production de cortisol – une substance chimique libérée par la glande surrénale- dans le cadre de notre «combat ou fuite » en réponse au danger- est considéré comme l’unes des principales causes du syndrome. La montée du cortisol augmente la quantité de sucre dans le sang afin de renforcer nos muscles et donner plus d’énergie au cerveau. Cette substance organique accélère également la cicatrisation des plaies. Mais, le corticole est moins utile face à la détresse émotionnelle à long terme. En effet, c’est une hormone dont la nocivité dans le sang peut affecter de nombreuses parties de du corps humain.

Perte de cheveux

Quelques semaines après la perte d’un être chère, certaines femmes perdent des cheveux à un rythme alarmant. Les cheveux poussent dans un cycle naturel. Un brin pousse généralement sur le cuir chevelu pendant trois ans avant d’entrer dans un état de «sommeil» pendant trois mois. Ensuite, il tombe pour laisser la place à un nouvel arrivant. Ainsi, à tout moment, 10% des cheveux entrent en sommeil, tandis que dans une journée 30 à 150 tombent naturellement. Des niveaux élevés de cortisol peuvent provoquer l’endormissement prématuré de 30% de la chevelure d’un être humain. C’est ce processus qui explique l’appauvrissement soudain de la faune chevelue. Il faut, normalement, attendre six mois pour que les cheveux se reconstituent.

Rhume et la grippe

La douleur morale rend le système immunitaire faible, nous rendant vulnérables au rhume, la grippe, les maux de gorge et des maux de ventre. Encore une fois, le coupable est le cortisol, qui surgit dans tout notre corps au premier signe de danger. Il détourne ainsi les ressources du corps loin de notre système immunitaire. Au cours des semaines, voire des mois, nous devenons susceptibles d’attraper une infection virale. De plus, sous l’effet du cortisol le corps ne répondra pas correctement aux vaccinations contre les maladies, comme la grippe.

Maux de tête

Le deuil peut déclencher des maux de tête, du fait d’épaule, cou ou muscles tendus. Parallèlement peuvent apparaitre des vertiges, des nausées, des palpitations, des crampes d’estomac et des douleurs musculaires qui sont fréquent chez les personnes souffrant de stress émotionnel intense. Les scientifiques pensent que ces symptômes sont déclenchés par la libération de cortisol et d’adrénaline dans le circuit sanguin. Les médecins avancent que la douleur suscitée par la séparation est, dans tous les cas, une cause d’exacerbation du stress.

Asthme

Tout événement stressant majeur, comme le deuil, peut déclencher une crise d’asthme chez les personnes prédisposées à cette pathologie. De fait tous les deuils peuvent augmenter le risque de développer la maladie. Une étude récente a montré que les enfants qui ont perdu un parent ou un frère avant l’âge de 18 ans sont  plus susceptibles d’être hospitalisés pour asthme que les enfants qui n’ont pas été endeuillées. Les scientifiques danois qui ont mené l’étude estiment que le stress suscité par le deuil peut altérer le système immunitaire, augmentant le risque d’une crise d’asthme.

Hypertension

Sans surprise, la tension artérielle monte généralement dans les premières semaines qui suivent la fin d’une longue histoire d’amour.

C’est parce que les hormones du stress libérées dans le sang provoquent un battement plus rapide du sang et un resserrement des vaisseaux sanguins. Cependant les médecins sont divisés sur les  effets à long terme du deuil sur la pression artérielle.

Maladie intestinale inflammatoire

Plusieurs personnes souffrent de la colite ulcéreuse, une maladie inflammatoire de l’intestin. Causée par l’inflammation du gros intestin, les symptômes comprennent la diarrhée, du sang de celle, des crampes d’estomac et un besoin fréquent d’aller aux toilettes. Ni la cause ni le remède de cette maladie ne sont pour l’instant identifiés. Cependant, le stress causé par le deuil peut déclencher des rechutes  ou aggraver ces symptômes.

Cancers

Le système immunitaire est également essentiel dans la défense contre le cancer. Mais les niveaux élevés de cortisol déclenché par un deuil peuvent affaiblir le système immunitaire.

Des études ont montré que les veuves ont moins de « cellules tueuses naturelles », c’est-à-dire les cellules du système immunitaire qui attaque les tumeurs. Une étude parue en 2003 a montré que les femmes qui ont perdu un mari sont deux fois plus susceptibles de développer un cancer du sein que les autres femmes. Cependant, certains scientifiques se sont montrés réticents sur la question du lien de causalité entre le cancer et le deuil. Reste que les mères en deuil sont plus exposées à la cigarette, la boisson. De plus elles se laissent généralement aller à faire moins d’exercice et mangent avec excès: des facteurs qui augmentent le risque de cancer.

Douleur musculaire et fractures osseuses

Perdre un l’être aimé peut déclencher une série de changements et faire basculer dans un style de vie malsain, comme boire de l’alcool, fumer, manger de la malbouffe et faire moins d’exercice physique. La séparation entraîne une aggravation de la diminution des muscles et la fragilité des os. Le cortisol peut réduire la formation de l’os, laissant les veuves et veufs plus fragiles, avec des os plus fragiles. Sur le long terme, une personne déprimée peut donc perdre ses muscles et ses os.

Maladies du cœur

Les risques d’une crise cardiaque sont 21 fois plus élevés dans les 24 heures suivant le décès d’un conjoint, selon une étude réalisée par l’Université de Harvard. Dans la première semaine de deuil, les veuves sont six fois plus susceptibles de souffrir que dans la normalité. Le stress consécutif à la perte de l’être cher peut augmenter le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et provoquer des caillots de sang. Le sommeil et l’appétit étant perturbés, les malades du cœur oublient de prendre leurs médicaments régulièrement et se mettent en danger de mort subite. Des études ont également montré que les personnes récemment endeuillées souffrent des changements qui s’avèrent nocifs pour leurs rythmes cardiaques.

Diabète

Le deuil peut augmenter le risque de diabète de type 2, la version de la maladie qui apparaît généralement chez des personnes âgées. Des chercheurs danois ont montré en 2005 que les mères qui ont perdu un enfant au cours des 18 années précédentes étaient beaucoup plus susceptibles (41%) d’attraper le diabète comparativement aux autres mères. Les scientifiques croient que les niveaux élevés de cortisol chroniques endommagent les cellules du pancréas qui produisent l’insuline – la substance qui contrôle la glycémie. Les complications du diabète de type 2 peuvent être graves, entrainant une mauvaise circulation du sang, la perte de la vue, une maladie cardiaque ou rénale et des fausses couches.

Notis©2014


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