L’usage du bénéfice
Publication : 18 novembre, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Finance-Comptabilité, Fiscalité, Management | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Le bénéfice ou le profit est la raison d’être d’une société commerciale. Il est déterminé par la différence constatée sur une période donnée entre, d’une part, les produits et, d’autre part, les charges  auxquelles s’ajoute l’impôt sur les sociétés. Lorsque le résultat net est négatif –on parle de déficit ou perte- il doit être reporté à l’exercice suivant. Lorsque le résultat net est positif il s’agit d’un bénéfice qui doit être affecté à des opérations bien précises. Il n’y donc pas lieu de se précipiter ou de s’enflammer, en cas bénéfice.

Remboursez le capital des emprunts à moyen et long terme

La première chose à faire est de vérifier que la capacité d’autofinancement (résultat net plus dotations aux amortissements) permet de rembourser le capital des prêts. A défaut, ce n’est pas la peine de se poser la question de l’affectation des profits : il n’y aura rien à affecter. Les profits peuvent permettre d’alléger le poids de l’endettement en cas de taux élevés. Dans un deuxième temps, le dirigeant doit recenser les frais liés aux crédits utilisés à court et moyen terme, et les comparer aux gains générés par les placements de trésorerie. Si les premiers coûtent plus cher que ne rapportent les seconds, l’entreprise a intérêt à employer une part de ses bénéfices à se désendetter. En pratique, cela passe par une mise en réserve et par la détermination du meilleur calendrier de remboursement.

Cinq fois plus de dettes à terme que de fonds propres ? Désendettement impératif ! Une entreprise dont le ratio fonds propres/crédits à moyen et long terme passe en dessous de 20 % risque la défiance de ses banquiers, clients et fournisseurs. Si la vôtre est dans cette situation, employer les profits à rembourser une partie des dettes n’est plus une affaire de choix, mais une nécessité.

Constituez des réserves de trésorerie

Toute entreprise dont l’activité se développe est une structure qui, avant de voir augmenter ses rentrées d’argent, devra faire face à une croissance de ses dépenses (en matières premières, produits finis, frais de personnel, mètres carrés, etc.). Par conséquent, si vous prévoyez une hausse du chiffre d’affaires sur l’exercice à venir, il est indispensable que vous conserviez du cash pour financer l’accroissement du besoin en fonds de roulement qui en résultera.

Au minimum, mettez de côté une somme couvrant la moitié du besoin en fonds de roulement supplémentaire. Les banques financeront éventuellement l’autre moitié, mais pas plus. Cela dit, on peut préférer se passer d’elles. Vous devez avoir une saine obsession : constituer des réserves suffisantes pour permettre à la société de grossir sans devoir recourir au crédit. A l’image de ce chef d’entreprise spécialisé dans les fibres optiques : « Comme j’ai prévu une croissance du chiffre d’affaires de 40 % cette année, avec l’embauche de vingt ingénieurs, j’ai calculé les fonds propres supplémentaires nécessaires pour y faire face. » Cette démarche l’a conduit à laisser en réserve 50 % des profits dégagés par la société l’année dernière.

Pensez à couvrir votre futur surcroît d’impôt sur les sociétés. Les dirigeants dont les entreprises se développent fortement oublient souvent que la hausse de leurs bénéfices va se traduire, l’année suivante, par un accroissement des acomptes de leur impôt sur les sociétés. Or pareille impasse peut faire très mal ! Conclusion : calculez les acomptes d’impôt sur les sociétés supplémentaires que vous aurez à acquitter, et mettez-les en réserve.

Maximisez vos lignes bancaires

Vous prévoyez dans les dix-huit mois suivant la clôture de vos comptes d’acquérir de nouvelles machines, de faire construire des locaux ou de racheter une société concurrente ? Suivez ces conseils : Une entreprise en phase d’investissement a intérêt à négocier l’enveloppe la plus large de financements à moyen et long terme, aux meilleures conditions possible. Quitte à n’en utiliser qu’une partie. Mais les banquiers prêtent plus facilement aux entreprises rentables. Mieux vaut se sécuriser au maximum et veiller aux équilibres financiers en sollicitant des crédits sur la base de beaux bilans. Le volume des fonds propres comptant énormément dans l’appréciation des banquiers, il faut laisser le maximum de bénéfices dans l’entreprise.

Par la suite, utilisez vos profits pour rembourser tout ou partie de vos crédits par anticipation, sans pénalités. En adoptant la démarche expliquée ci-dessus, vous prendrez soin de négocier des facilités à moyen terme non soumises à des pénalités de remboursement anticipé. Soit en optant pour des emprunts à taux variable (qui échappent à ces pénalités) ; soit en convainquant vos banquiers de rayer la case « pénalités de remboursement anticipé » dans leurs contrats à taux fixe. Vous pourrez ainsi gérer vos emprunts avec une parfaite visibilité.

Distribuez des dividendes.

Un dirigeant qui souhaite vendre son entreprise d’ici à quelques années doit s’attacher à verser le plus de dividendes possible dans la limite de sa trésorerie disponible. C’est la meilleure façon de démontrer à un repreneur potentiel que la société sera en mesure de faire remonter au holding qui sera constitué pour le rachat assez de dividendes pour que ce dernier puisse rembourser ses emprunts. En outre, plus une entreprise distribue de dividendes, mieux elle se valorise.

Souscrivez une assurance pour vos salariés.

Aujourd’hui, les repreneurs et leurs conseils détaillent systématiquement la pyramide des âges du personnel de la société-cible. Si certains collaborateurs sont proches de la retraite, l’acheteur potentiel évalue le passif non comptabilisé correspondant aux indemnités de fin de carrière que l’entreprise aura à verser dans quelques années… Et il s’en sert comme argument pour faire baisser le prix de vente. Pour éviter pareille mésaventure, il est recommandé de souscrire une assurance indemnités de fin de carrière. Ce type de couverture s’apparente à une dotation à un fonds de garantie. Les versements effectués sont largement compensés par l’accroissement de valeur de l’entreprise qui en résulte. Autre avantage, ces charges sont déductibles des résultats et viennent diminuer l’impôt sur les sociétés.

Notis©2013


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