Fiscalité contre Obésité
Publication : 3 novembre, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : Fiscalité, Santé | Commentaire(s) (Pas de commentaire)

Une taxe d’un taux de 20% sur les boissons sucrées réduirait l’obésité et renflouerait substantiellement les caisses du Trésor. Cette nouvelle disposition fiscale augmenterait le coût de la canette d’environ 12% et aurait un impact faible mais significatif sur le taux d’obésité qui touche une population de plus en plus jeune. De leur coté, les industriels de la boisson estime qu’une nouvelle taxe sur les boissons gazeuses riches en sucre n’aurait aucune incidence sur la lutte contre l’obésité.

Causalité directe

La consommation régulière de boissons sucrées augmente le risque d’obésité, de diabète et de la carie dentaire, ont déclaré les auteurs d’une nouvelle étude sur l’obésité. La relation entre la consommation de boissons sucrées et le poids corporel a été l’objet de nombreuses études. Contrairement aux études transversales, financées par l’industrie de la boisson, une étude prospective portant sur des collégiens, observés au cours de deux années académiques, ont montré que le risque de devenir obèse augmente de 60 % pour chaque portion supplémentaire de boissons sucrées consommée par jour.

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Les mécanismes physiologiques et métaboliques indésirables, bien documentés dans le rapport, montrent que la consommation de glucides raffinés (le sucre) entraine une élévation du taux de triglycérides et de la pression artérielle. Ce qui accroit les risques de maladies du cœur. En raison de leur charge glycémique élevée, la consommation des boissons sucrées augmente également le risque de diabète en provoquant la résistance à l’insuline.

Dispositif fiscal

Les facteurs clés à considérer dans l’élaboration d’une politique efficace passe par une définition des boissons imposables, le type de taxe (taxe sur la vente ou la taxe d’accise), et le taux d’imposition. Se basant sur des données provenant d’enquêtes sur les habitudes d’achat des consommateurs, le prix des boissons et de poids corporel, les auteurs du rapport tablent sur l’impact d’une taxe supplémentaire à 20% sur les boissons à haute teneur en sucre. Une telle taxe permettrait de réduire le taux d’obésité de 1,3%, et de réduire drastiquement le nombre de personnes en surpoids. L’essentiel de l’impact concernerait les personnes âgées de 16 à 29 ans : les grands consommateurs de boissons sucrées.

L’obésité, qui est un facteur de risque de diabète, de maladies cardiaques et d’autres maladies graves, est une charge sociale estimée à plusieurs milliards dollar US par an. Les revenus générés par une taxe sur les boissons sucrées serait considérables et pourraient être utilisés pour aider à soutenir les programmes de nutrition destinés à l’enfance, des programmes de prévention de l’obésité, des programmes de subvention des nourritures saines (comme les fruits et légumes) ou les soins de santé pour les personnes non assurées ou encore pour aider à redistribuer les richesses.

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Réactions industrielles

Le caractère régressif et injuste d’une nouvelle taxe sur les boissons sucrées est un argument qui est apparu lors des débats sur imposition du tabac. Cet argument fut contesté avec succès par les partisans de cet impôt, qui ont souligné que les pauvres doivent assumer un fardeau disproportionné des maladies liées au tabagisme. En outre, il est avéré qu’une partie des recettes de la taxe sur le tabac est bien utilisé pour le développement de programmes en faveur des pauvres et  des jeunes.

Une autre objection contre la taxation des boissons sucrées souligne qu’elle ne résoudra pas la crise de l’obésité qui touche également ceux qui en consomment peu. A titre comparatif, il est avancé que le port obligatoire de la ceinture de sécurité et la taxation du tabac n’ont pas éliminé les accidents de la circulation et les maladies cardiaques.

Certains dénoncent l’obsession que suscité l’obésité qui, selon eux, ne devrait pas être appréhendée que sur le seul aspect fiscal. D’autres pistes devraient donc être explorées, comme la promotion des activités physiques. Cependant, pour le cardiologue Britannique, le Dr Aseem Malhotra :  » Il ne fait aucun doute que l’activité physique régulière est bon pour la santé. Mais, l’argument des entrepreneurs qui consiste à associer la malbouffe à l’activité physique pour promouvoir leur marque est, à mon avis, un message de santé publique dommageable. »

Notis©2013

Sources: Heath policy report


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