L’épuisement professionnel
Publication : 22 octobre, 2013 > par Sidney Usher | Catégorie(s) : R.H., Santé | Commentaire(s) (5 commentaires)

Attention, vous êtes peut-être déjà touché par le « Burn-out » (« l’incendie intérieur »), terme inventé par un psychanalyste Américain, Herbert J. Freudenberger, en référence à un immeuble apparemment intact mais vidé de l’intérieur par un incendie. Le « Burn-out » peut empêcher les gens de rire, de manger, de travailler ou même de se lever le matin. Dominique Servant, psychiatre Français, spécialiste du stress au travail, a listé les dix comportements à éviter pour prévenir l’épuisement professionnel.
 1. Ne devenez pas un hyper-travailleur
Le modèle de l’hyper-activisme a échoué. On peut être efficace sans forcement être en agitation permanente, réactif au moindre courant d’air, sur un mode « faire » en permanence.
C’est souvent la faute de l’hyperpression que l’on subit, avec l’obligation de faire plus vite, mieux et moins cher. Mais attention aussi au surinvestissement et au sur engagement que l’on s’impose à soi-même. Là, on peut changer un peu son attitude vis-à-vis du travail.

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 2. N’attendez pas d’être « vidé » par le surmenage
Ne grillez pas toutes vos cartouches. L’élément-clé du burn-out, c’est le surmenage, responsable du symptôme qui apparaît en premier : la fatigue. Il est normal d’être plus fatigué en fin de semaine, en fin d’année ou si on a dû boucler un travail super important. Mais la première chose qui doit alerter c’est lorsque la fatigue ne s’efface plus par le simple repos.
C’est comme si, chaque matin, on partait avec un handicap qui s’aggravait un peu plus. Minime au début, mais qui ne fait que s’amplifier et qui peut aller jusqu’à l’épuisement. N’attendez pas d’être complètement « vidé » pour agir.
 3. Ne pensez pas que ça vient seulement du corps
Le burn-out, en plus de la fatigue, touche le corps et conduit souvent à consulter son médecin traitant. Et, à faire des bilans qui sont normaux, on se demande d’où cela vient.
Pas toujours simple face à des maux de tête persistants, des douleurs et des contractures des muscles, des maux de ventre, des palpitations, une insomnie de se dire que c’est le stress qui est en cause. Inutile de se bourrer de vitamines ou d’aspirine ou de courir tous les spécialistes.
 4. Ne vous croyez pas indispensable
On connaît tous la citation d’Alphonse Allais : « Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables. » Attention à ne pas tomber dans les pièges de celui qui veut tout faire tout seul, qui veut être partout en même temps, qui pense que sans lui les choses n’avanceraient pas et qu’il est le seul à travailler de manière efficace. Dites-vous de temps en temps : « Yes, we can’t. »
5. Ne vous prenez pas pour John Wayne ou Superwoman
On n’est pas des super héros capables de déplacer des montagnes, impassibles aux problèmes et à la déception que nous rencontrons dans notre travail. On peut toutefois apprendre à accepter certaines choses, c’est-à-dire à prendre une certaine distance, passer à autre chose pour ne pas s’enfermer et persévérer dans une direction ou l’on ne trouvera pas d’issue.
 6. Ne vous dites pas non plus que vous êtes nul(le)
Certains sont plus armés que d’autres, mais chacun d’entre nous a la capacité de dépasser un moment difficile. Cela n’a rien à voir avec le courage, même s’il faut une dose d’acceptation pour pouvoir rebondir. Car, le cœur du problème dans le burn-out, c’est la lutte légitime que l’on met en place et qui finit par se retourner contre nous. Insidieusement, le doute s’installe et aboutit à une perte de confiance et du sentiment d’efficacité et d’accomplissement professionnel. Comme on fait de la gym pour s’entretenir le corps, n’oubliez pas de flatter votre ego de temps en temps.
 7. Ne laissez pas vos émotions prendre le pouvoir
Certains vont cacher leur émotions jusqu’au déni, d’autre vont craquer et se mettre à pleurer ou en colère face à des événements minimes qui n’en valent vraiment pas la peine. Il faut trouver le juste milieu. Bien sûr, une bonne petite colère, ça libère quand elle est justifiée et rare, mais attention à ce qu’elle ne se retourne pas contre vous. À l’inverse, acceptez vos émotions sincèrement sans penser qu’elles vous desservent.
8. Ne soyez pas cynique et négatif
Malgré le stress, gardons le goût des autres et cela ne sert à rien de devenir cynique et destructeur et de faire payer aux autres son mal-être. Voyez plutôt les choses positives que vous faites, les services que vous rendez, ce qu’il y a de bien à l’extérieur, les échanges et les partages de chaque moment. Ne cédez pas à des ressentis toxiques contre vous-même et les autres.
 9. Ne restez pas seul(e) face à vos problèmes
Le silence, le repli sur soi, l’isolement, c’est ce qui conduit à s’enfoncer dans le burn-out. À l’extrême, plus on se sent mal, plus ce sentiment s’accentue, et ce n’est pas bon du tout. Parlez avec les autres, faites le point, cherchez des solutions plutôt que de poursuivre la même position négative. Et parfois il faut savoir aussi se faire aider par des gens qui connaissent le problème.
 10. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier
Le travail peut être la valeur la plus importante de votre vie mais elle ne peut être la seule. Il peut combler beaucoup d’absence, apaiser des angoisses, aider à se réaliser mais pas combler tous les manques. Refaites le point sur vos propres valeurs et, si, pour vous, l’amour, vos proches, vos loisirs en font partie, consacrez-leur le temps qu’ils méritent.
Notis©2013
Sources :
« Ne plus craquer au travail » de Dominique Servant, Edition Odile Jacob ;
« L’épuisement professionnel » de H.-J. Freudenberger, Editions Gaétan Morin ;
« Le burn-out – l’épuisement professionnel » de Jacques Lafleur, Editions logiques.

 


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